Un nouveau rebondissement dans le procès en appel du présumé détournement de fonds publics à la commune de Matoto ( Conakry ). La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières a ordonné la comparution de Mamadouba Toss Camara à la prochaine audience fixée au 9 juin 2026.
L’ex- maire de Matoto devra venir s’expliquer devant la juridiction spéciale dans le cadre du procès visant Mamadou Saïdou Baldé, poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics.
Au centre de cette affaire explosive : un montant de plus de 46 milliards de francs guinéens, dont la gestion et la traçabilité sont fortement contestées par l’accusation.
À la barre, Mamadou Saïdou Baldé a reconnu avoir utilisé une somme de 270 millions de francs guinéens pour le paiement d’arriérés de salaires d’agents contractuels de la commune. Toutefois, l’ex-receveur rejette toute intention frauduleuse.
Aux dires de sa défense, il ne s’agirait pas d’un détournement volontaire, mais d’une « erreur administrative » liée à une mauvaise imputation budgétaire. Il affirme que les fonds concernés auraient été inscrits au budget national au lieu du budget communal, avant d’être régularisés par la suite à la Banque centrale de Guinée.
Mais un élément-clé de cette version des faits retient particulièrement l’attention de la Cour : l’existence d’un chèque qui aurait été signé par Mamadouba Toss Camara pour permettre cette régularisation financière.
C’est précisément pour éclaircir ce point sensible que le parquet spécial a demandé la comparution de l’ancien patron de la commune de Matoto.
Dans le cadre de la poursuite des débats, la Chambre des appels a également ordonné la transmission de plusieurs pièces comptables jugées essentielles à la manifestation de la vérité. La Cour des comptes devra notamment produire le compte annuel de gestion de l’exercice 2021 de Mamadou Saïdou Baldé.
Pour leur part, les autorités communales de Matoto ont été sommées de transmettre le livre-journal de caisse couvrant la période allant d’octobre à décembre 2021.
Cette nouvelle étape judiciaire pourrait s’avérer déterminante dans ce dossier financier à fort enjeu, suivi de près par l’opinion publique et considéré comme l’un des dossiers sensibles de la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des deniers publics en Guinée.
Facinet Soumah

