TPI Dixinn : un Nigérian condamné dans une affaire de vente de stupéfiants

Le tribunal correctionnel de Dixinn a rendu sa décision ce mercredi 20 mai 2026. L’affaire concernait la détention, la vente et l’exploitation présumées de substances assimilées à des stupéfiants. Trois prévenus comparaissaient dans ce dossier ouvert depuis plusieurs mois à Conakry.

Trois prévenus dans une affaire ouverte depuis décembre 2025

Les trois prévenus étaient en détention provisoire depuis le 9 décembre 2025 à Conakry. Simon Ejike, ressortissant nigérian, comparaissait aux côtés de deux compatriotes guinéens. Djibril Conté et Mohamed Diaby complétaient la liste des accusés dans cette affaire de stupéfiants.

L’affaire avait été examinée le mercredi 13 mai dernier par le tribunal correctionnel. Les faits reprochés étaient prévus et punis par les articles 822 et 823 du Code pénal guinéen. Cette base légale encadre spécifiquement les infractions liées aux substances stupéfiantes en Guinée.

Les trois hommes présentaient des profils socioprofessionnels variés selon les éléments du dossier. Simon Ejike est commerçant de nationalité nigériane domicilié dans le quartier de Taouyah. Djibril Conté exerce comme carreleur et réside à Fassia dans la capitale.

Mohamed Diaby travaille comme soudeur et habite à Coyah dans la périphérie de Conakry. Cette diversité géographique et professionnelle témoigne du caractère étendu du réseau présumé. L’enquête a permis d’identifier les rôles spécifiques de chacun des prévenus dans cette affaire.

Des substances variées au cœur de l’affaire

L’accusation reprochait aux trois hommes la détention et la commercialisation de plusieurs substances. Le « shit » figurait en tête des produits identifiés dans le cadre des poursuites engagées. Le chanvre indien complétait la liste des stupéfiants saisis lors des investigations préalables.

D’autres produits étaient également consommés avec du papier Rizla selon le dossier d’accusation. Ce papier de roulage est régulièrement utilisé dans la consommation de substances illicites. Sa présence parmi les éléments saisis renforçait les éléments à charge contre les prévenus.

La diversité des substances en cause illustrait l’ampleur de l’activité présumée du réseau. Les modalités de commercialisation auraient mobilisé plusieurs intermédiaires selon les enquêtes menées. Cette structuration explique la mise en cause simultanée des trois prévenus devant la juridiction.

Les explications contrastées des prévenus

À la barre, Simon Ejike a livré une version particulière des faits qui lui sont reprochés. Le ressortissant nigérian a nié la possession directe des substances saisies dans le dossier. Il a toutefois admis avoir fourni une certaine quantité à Mohamed Diaby selon ses déclarations.

Mohamed Diaby a été présenté comme intermédiaire dans cette affaire de stupéfiants. Le soudeur de Coyah a déclaré être lui-même consommateur de shit depuis plusieurs années. Cette reconnaissance partielle a constitué un élément important dans l’examen du dossier judiciaire.

Djibril Conté faisait face à des accusations particulières concernant son établissement commercial. Le carreleur de Fassia était poursuivi pour vente de produits consommés dans son bar. Il a toutefois affirmé que cette activité commerciale était gérée par son épouse.

Cette stratégie de défense visait à dégager sa responsabilité personnelle dans les faits reprochés. Le rôle de son épouse dans la gestion quotidienne du bar a été particulièrement souligné. Cette ligne défensive s’est révélée efficace dans la décision finale du tribunal.

Les réquisitions du ministère public

Le ministère public a longuement développé sa position lors de l’audience du 13 mai. Les faits ont été jugés suffisamment établis pour justifier des sanctions pénales contre les prévenus. Le parquet a estimé que les éléments à charge permettaient de retenir la responsabilité des accusés.

Le procureur a requis une peine d’un an d’emprisonnement contre chacun des trois prévenus. Six mois de cette peine devaient être assortis du sursis selon les réquisitions formulées. Une amende de deux millions GNF complétait ces réquisitions pénales contre les trois hommes.

Cette modération relative reflétait la prise en compte de plusieurs facteurs atténuants dans le dossier. La période de détention provisoire déjà effectuée par les prévenus constituait un élément important. Le caractère partiel des aveux recueillis a également pesé dans la position du ministère public.

Des demandes de clémence dans les derniers mots

Dans leurs derniers mots devant le tribunal, les trois hommes ont adopté une posture similaire. Ils ont tous demandé la clémence du tribunal correctionnel de Dixinn. Cette approche commune visait à obtenir un traitement favorable lors du délibéré final.

Les prévenus ont affirmé avoir tiré les leçons de cette procédure judiciaire éprouvante. Cette reconnaissance des erreurs commises visait à plaider pour une sanction modérée. La période de détention déjà subie était également invoquée comme élément d’apaisement.

Un verdict nuancé du tribunal correctionnel

Le tribunal a finalement rendu un verdict particulièrement nuancé ce mercredi 20 mai 2026. Djibril Conté a été acquitté et renvoyé des fins de la poursuite engagée contre lui. Cette décision favorable confirme l’efficacité de sa stratégie de défense centrée sur le rôle de son épouse.

Simon Ejike et Mohamed Diaby ont en revanche été reconnus coupables des faits reprochés. Les deux hommes ont été condamnés à un an d’emprisonnement par la juridiction. Huit mois de cette peine ont toutefois été assortis du sursis dans la décision finale.

Une amende de deux millions GNF a également été infligée à chacun des deux condamnés. Cette sanction financière complète la peine privative de liberté prononcée par le tribunal. Le caractère mixte de la sanction témoigne d’une approche équilibrée des magistrats dans ce dossier.

La libération des trois prévenus

La situation pratique des trois hommes a finalement évolué de manière favorable ce 20 mai 2026. Simon Ejike et Mohamed Diaby avaient déjà purgé la partie ferme de leur peine. Cette purge avait été effectuée pendant leur détention préventive depuis décembre 2025.

Les deux condamnés ont ainsi été libérés au terme de cette procédure judiciaire prolongée. Djibril Conté a également pu recouvrer la liberté grâce à son acquittement complet. Cette issue paradoxale clôt provisoirement un dossier ouvert depuis plus de cinq mois.

Cette affaire illustre les défis posés par la lutte contre les stupéfiants en Guinée. Elle révèle également la complexité des circuits de distribution impliquant parfois des ressortissants étrangers. Les autorités judiciaires guinéennes continuent leur action contre ces réseaux illicites dans la capitale.

Facinet Soumah

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