Le seul candidat africain face aux 193 États membres
L’ancien président sénégalais Macky Sall a clôturé ce mercredi 22 avril 2026 les auditions organisées par l’Assemblée générale des Nations Unies. Ces oraux s’inscrivent dans le cadre de la course à la succession d’António Guterres au poste de Secrétaire général de l’ONU. Seul candidat africain en lice, il est aussi le seul des quatre prétendants à n’avoir jamais exercé de fonction au sein de l’organisation. Sa candidature a été portée par le Burundi et non par son propre pays.
Une vision d’une ONU réformée en profondeur
Durant trois heures d’audition, Macky Sall s’est présenté comme un bâtisseur de ponts. Il a défendu une vision ambitieuse de réforme de l’organisation. Elle repose sur le renforcement de la diplomatie préventive et la rationalisation des structures onusiennes. Sur la dette africaine, il a estimé que la question doit être traitée dans un cadre global impliquant pays en développement et économies avancées. Il a également annoncé que son adjointe, s’il est élu, sera une femme issue d’un pays du Nord.
Un parcours de près de quarante ans mis en avant
L’ex-chef d’État a mis en valeur son expérience accumulée sur près de quatre décennies de responsabilités publiques. « Ce que je souhaite apporter à l’organisation, c’est une tradition d’échange de plusieurs années avec la plupart des dirigeants ici représentés. De ce parcours, j’ai appris à dialoguer, écouter et consulter. J’ai appris à conduire des réformes, arbitrer entre des priorités et prendre des décisions parfois difficiles », a-t-il déclaré.
Deux sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité
Macky Sall a également porté une revendication africaine forte. Il réclame l’attribution à l’Afrique de deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU. Cette position s’inscrit dans une volonté de rééquilibrer la gouvernance mondiale au profit du continent.
Des obstacles et une prochaine étape à l’été
La candidature de Macky Sall n’est pas sans obstacles. Au Sénégal, des organisations de victimes des violences politiques de 2021 à 2024 ont contesté publiquement sa légitimité à briguer ce poste. La prochaine étape du processus est fixée à l’été. Le Conseil de sécurité formulera alors une recommandation. La nomination du successeur d’António Guterres est attendue avant la fin de l’année.
Facinet Soumah

