La Haute Autorité de la Communication (HAC) a pris une décision majeure ce 31 mai 2026 à Conakry. C’est dans ce contexte que la HAC suspend journaliste AGP Labé, l’instance de régulation ayant officiellement suspendu le journaliste Saifoulaye Diallo, correspondant régional de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP) à Labé.
Cette sanction lourde fait suite à des manquements jugés graves dans l’exercice de ses fonctions journalistiques. La décision N° 022/HAC/2026 a été signée par le Président de l’institution, Monsieur Boubacar Yacine Diallo.
Une suspension de six mois sur tout le territoire
Selon les termes de l’article premier de la décision, la sanction prononcée est particulièrement sévère. Monsieur Saifoulaye Diallo est suspendu de l’exercice du métier de journaliste pour une période de six mois.
Cette suspension s’applique sur toute l’étendue du territoire national guinéen sans exception géographique. Elle prend effet immédiatement à compter de la date de signature officielle de la présente décision réglementaire.
L’ampleur de cette sanction témoigne de la gravité des faits reprochés au correspondant régional de l’AGP. La HAC a entendu marquer fermement sa position face aux dérives constatées durant cette période électorale sensible.
Des faits graves liés à la période électorale
Les faits reprochés à Monsieur Saifoulaye Diallo s’inscrivent dans le contexte particulier des élections du 31 mai 2026. La HAC évoque dans sa décision plusieurs manquements graves commis durant cette période électorale décisive.
Il a été formellement établi que le journaliste a utilisé frauduleusement son statut professionnel. Cette utilisation visait à dissimuler l’accréditation officielle qui lui avait été délivrée par la HAC elle-même.
L’instance régulatrice considère que ces agissements compromettent gravement la crédibilité de la corporation journalistique guinéenne. Ils violent également les dispositions légales sur la liberté de la presse en Guinée.
Une influence électorale clairement établie
La HAC reproche directement à l’intéressé d’avoir profité de sa position pour diffuser des consignes de vote. Ces consignes étaient explicites et orientées en faveur d’une liste de candidats spécifique selon la décision.
L’institution estime que ce comportement viole de manière flagrante plusieurs principes fondamentaux du journalisme. Sont notamment cités les principes de neutralité, d’indépendance et d’impartialité requis pour tout professionnel des médias.
Ces exigences déontologiques s’imposent particulièrement durant les périodes électorales sensibles selon la HAC. Le non-respect de ces principes constitue une faute professionnelle grave au regard du Code d’Éthique journalistique.
Une interdiction totale durant la suspension
L’article 2 de la décision précise les restrictions imposées au journaliste durant sa période de suspension. Monsieur Saifoulaye Diallo ne peut pratiquer aucune activité journalistique durant les six mois à venir.
Cette interdiction couvre l’ensemble des activités liées à la collecte, au traitement ou à la diffusion d’informations. Aucun support médiatique ne peut être utilisé par le journaliste durant toute cette période de suspension.
L’accréditation officielle dont il bénéficiait précédemment lui a également été immédiatement retirée. Cette mesure conservatoire vise à prévenir toute nouvelle violation des règles déontologiques durant la période de sanction.
Un cadre juridique solidement établi
La décision de la HAC s’appuie sur un cadre juridique particulièrement étoffé pour assurer sa validité. L’institution a notamment visé la Constitution guinéenne ainsi que plusieurs textes spécifiques au secteur des médias.
Sont notamment cités la Loi Organique L/2020/0010/AN du 3 juillet 2020 portant création de la HAC. La Loi L/2020/0011/AN du même jour portant Liberté de la Presse en République de Guinée est également invoquée.
Le Code d’Éthique et de Déontologie du Journaliste Guinéen constitue un autre fondement juridique de cette décision. Le Règlement Intérieur de la HAC complète enfin l’arsenal juridique mobilisé pour cette sanction professionnelle.
Une procédure respectueuse des droits de la défense
L’article 3 de la décision invite la Direction Générale de l’AGP à veiller à l’application stricte de cette mesure. Cette instruction s’adresse directement à la hiérarchie professionnelle du journaliste sanctionné par la HAC.
Avant le prononcé de la sanction, la HAC précise avoir entendu l’intéressé en ses explications. La séance disciplinaire du Collège de la HAC s’est tenue le 06 mai 2026 selon les termes de la décision.
Cette procédure contradictoire garantit le respect des droits de la défense conformément aux standards juridiques nationaux. La décision prend effet à compter de sa date de signature et sera publiée au Journal Officiel.
Un Collège des Commissaires unanime
La décision a été prise par le Collège des Commissaires de la HAC réuni en formation disciplinaire. Dix commissaires ont siégé pour examiner ce dossier sensible touchant à l’éthique journalistique en période électorale.
Le Collège était présidé par Monsieur Fodé Bouya Fofana et composé de personnalités reconnues du secteur. Y figuraient notamment Madame Sarata Diallo Keita, Monsieur Djelimory Diouabté et Monsieur Amadou Touré.
Étaient également présents Monsieur Ahmed Camille Camara, Madame Funta Dopaogui ainsi que Madame Mariama Camara. Mesdames Mariama Naité, Mariama Donzo et Oumoul Khairy Cherif complétaient la composition de ce Collège disciplinaire.
Un signal fort en pleine journée électorale
Cette sanction prononcée le jour même du double scrutin envoie un signal particulièrement fort aux médias guinéens. La HAC démontre sa volonté de faire respecter les règles déontologiques même en période électorale tendue.
Le moment choisi pour cette décision n’est pas anodin et témoigne de l’urgence ressentie par l’institution. Elle entend préserver la crédibilité du processus électoral en cours face aux dérives constatées sur le terrain.
Cette décision pourrait également servir de précédent dans le traitement des futurs manquements professionnels observés. Les médias guinéens sont désormais avertis des conséquences sévères encourues en cas de violation des principes journalistiques.
Facinet Soumah

