Dans une vidéo publiée ce dimanche 22 mars sur sa page Facebook, Moussa Condé, l’ex-directeur de la communication et de l’information (DCI) de la présidence de la République de Guinée, est sorti de son silence. Il a réagi aux nombreuses spéculations entourant son limogeage.
Face à la polémique grandissante sur les réseaux sociaux, l’ancien responsable a tenu à livrer sa version des faits. Dès l’entame de son intervention, il affirme vouloir
« dire clairement sa part de vérité » sur les raisons ayant conduit à son éviction. Dans une déclaration pour le moins inhabituelle, Moussa Condé reconnaît plusieurs manquements graves dans l’exercice de ses fonctions. Il admet notamment avoir divulgué des informations confidentielles de la présidence à certains blogueurs, une pratique qu’il qualifie lui-même
« d’indigne d’un directeur de la communication ». L’ancien directeur évoque également ses relations avec des membres de l’ancien régime. Ces relations sont jugées incompatibles avec ses responsabilités au sein d’une institution stratégique comme la présidence.
À cela s’ajoute un échange téléphonique controversé avec un agent de sécurité du chef de l’État. Au cours de cet échange, il aurait sollicité des informations sensibles en contrepartie d’un transfert d’argent. Selon ses propos, cet appel aurait été intercepté. Cela a déclenché ainsi une série de contrôles internes.
Poursuivant ses révélations, Moussa Condé affirme que l’analyse de son téléphone aurait mis en lumière des communications avec des marabouts. Le but était d’obtenir une influence accrue auprès du président. Il reconnaît également des comportements inappropriés dans l’exercice de ses fonctions. Il cite notamment la gestion de ses relations professionnelles au sein de son service.
Par ailleurs, l’ancien responsable pointe du doigt des tensions internes à la DCI. Ces tensions sont liées notamment à la non-distribution de primes à certains collaborateurs. Selon lui, cette situation aurait contribué à détériorer le climat de travail.
Au terme de sa déclaration, Moussa Condé assume entièrement la responsabilité de ses actes.
« Le limogeage, je le mérite et je l’assume », a-t-il déclaré, reconnaissant des erreurs qu’il juge incompatibles avec les exigences de sa fonction. Cette sortie médiatique intervient dans un contexte où les réseaux sociaux étaient alimentés par diverses hypothèses sur les raisons de son départ.
Facinet Soumah

