La cérémonie officielle de lancement des audiences hors siège de la Cour de justice de la CEDEAO s’est tenue ce vendredi 15 mai 2026. L’événement s’est déroulé à la Cour d’appel de Conakry en présence de hautes personnalités. Cette ouverture solennelle clôture deux journées intenses d’échanges, de sensibilisation et de formation.
Une mobilisation large des acteurs du droit
Les deux jours précédant cette cérémonie ont réuni de nombreux acteurs du monde judiciaire. Magistrats et avocats ont participé activement aux différentes sessions organisées par la Cour. Les universitaires et étudiants en droit ont également pris part à ces échanges enrichissants.
Les acteurs de la société civile ont complété cette mobilisation diversifiée autour de la justice communautaire. Cette diversité des participants traduit la volonté d’élargir la connaissance des mécanismes régionaux. L’objectif est de rendre la justice de la CEDEAO accessible à tous les citoyens ouest-africains.
Le chef de greffe salue l’engagement guinéen
Dans sa prise de parole, le chef de greffe de la Cour de justice de la CEDEAO s’est exprimé. Yaouzo Ouro-Sama s’est félicité de l’engagement des autorités guinéennes pour la réussite de cette mission. Il a souligné le caractère emblématique de l’organisation des audiences hors siège.
« L’organisation des audiences hors siège constitue à n’en point douter l’une des initiatives les plus emblématiques », a-t-il affirmé. Le chef de greffe a précisé que cette démarche s’inscrit dans les dispositions juridiques de l’organisation communautaire. Ces dispositions permettent à la Cour de siéger sur le territoire d’un État membre.
Yaouzo Ouro-Sama a également souligné les motivations profondes de cette initiative inédite. Ces audiences délocalisées répondent aux difficultés rencontrées par de nombreux citoyens. L’accès à la justice communautaire depuis le siège d’Abuja reste en effet complexe pour beaucoup. La Cour entend ainsi réduire ces barrières et faire connaître les voies de recours communautaires.
Une marque de confiance pour la Guinée
Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères s’est exprimé au nom du ministre. Abdoulaye Youla a souligné que le choix de la Guinée constitue une marque de confiance envers le pays. Cette désignation honore les autorités et le peuple guinéens dans leur globalité.
« Cette audience hors siège constitue une illustration concrète de la volonté de la CEDEAO », a-t-il soutenu. La présente démarche vise à rapprocher les institutions communautaires des citoyens ouest-africains. La justice se veut ainsi plus accessible, plus visible et plus efficace au service des peuples.
Le secrétaire général a également rappelé le rôle stratégique de la justice communautaire. Cette dernière joue un rôle essentiel dans la préservation de la stabilité régionale. Elle contribue à la confiance entre les États membres et à la protection des droits fondamentaux.
Un moment historique selon le ministre Tounkara
Ibrahima Sory II Tounkara, garde des sceaux, a qualifié cet événement de moment historique. Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a souligné la portée symbolique de ces audiences. Pour la Guinée comme pour l’espace communautaire, l’événement revêt une dimension exceptionnelle.
« La tenue de ces audiences hors siège dans notre pays revêt une portée historique et symbolique », a-t-il déclaré. Cette tenue traduit selon lui la vitalité de l’organisation communautaire ouest-africaine. L’engagement constant en faveur de l’État de droit s’en trouve éloquemment confirmé.
Les défis du fonctionnement de la juridiction évoqués
Le ministre Tounkara n’a pas évité les questions qui fâchent concernant la justice communautaire. Il a évoqué plusieurs défis liés au fonctionnement actuel de la juridiction de la CEDEAO. Ces difficultés méritent selon lui une réflexion approfondie pour renforcer l’institution.
L’absence d’un mécanisme juridictionnel d’appel figure parmi les défis identifiés par le ministre. La durée limitée du mandat des juges constitue également un sujet de préoccupation. Les difficultés persistantes liées à l’exécution effective des décisions rendues complètent ce tableau.
Pour le garde des sceaux, ces préoccupations nécessitent des réponses concrètes urgentes. L’efficacité et la crédibilité de la justice communautaire dépendent largement de ces réformes. Cette franchise ministérielle ouvre un débat important sur l’avenir de la juridiction régionale.
Le président Ricardo Gonçalves plaide pour la proximité
Le président de la Cour de justice de la CEDEAO a livré une intervention remarquée. Le juge Ricardo Gonçalves a insisté sur la nécessité de rendre la justice communautaire plus proche. Cette proximité constitue selon lui un objectif fondamental de l’institution qu’il dirige.
« La justice communautaire doit être accessible à tous les citoyens indépendamment des frontières nationales », a-t-il expliqué. La mission à Conakry poursuit plusieurs objectifs essentiels selon le magistrat. L’amélioration de l’accès à la justice figure au premier rang de ces priorités.
La sensibilisation des citoyens aux mécanismes communautaires constitue un autre axe majeur. Le renforcement du dialogue entre les juridictions nationales et la Cour est également visé. Ces activités promeuvent la transparence, l’efficacité et une participation élargie selon le président.
Le magistrat a également rappelé une exigence fondamentale pour l’intégration régionale ouest-africaine. Cette dernière ne peut se construire sans des institutions judiciaires fortes et crédibles. « Il faut des institutions judiciaires fortes, indépendantes et respectueuses », a-t-il affirmé.
Une opportunité saluée par la Cour suprême de Guinée
Fodé Bangoura, président de la Cour suprême de Guinée, a souligné l’importance de l’événement. Cette audience hors siège constitue selon lui une opportunité majeure pour la coopération judiciaire. Le rapprochement de la justice communautaire avec les citoyens en sort considérablement renforcé.
« En se déplaçant au plus près des citoyens, la Cour de justice de la CEDEAO affirme sa vocation », a-t-il souligné. La juridiction se veut ouverte, accessible et pleinement engagée dans la protection des droits. Cette mobilité témoigne de la modernisation des pratiques judiciaires communautaires.
Le président de la Cour suprême a lancé un appel aux différents acteurs concernés. Praticiens du droit, médias, représentants des institutions et société civile sont invités à se mobiliser. Cette mobilisation collective doit permettre de tirer pleinement profit de cette initiative régionale.
L’audience hors siège se tiendra dans la capitale guinéenne les 15 et 18 mai 2026. Ce calendrier resserré témoigne de l’intensité des travaux prévus durant cette mission. Les résultats de cette présence à Conakry seront scrutés par l’ensemble de l’espace ouest-africain.
Facinet Soumah

