Depuis la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, remportée le 18 janvier par le Sénégal face au Maroc à Rabat, des tensions persistent sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, des supporters sénégalais et marocains s’y affrontent verbalement. Cela ravive les incidents survenus à la fin de la rencontre, qui ont terni l’image de cet événement sportif majeur.
C’est dans ce contexte sensible que le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite officielle au Maroc. Cette démarche est largement commentée et parfois interprétée comme une tentative d’apaisement diplomatique.
Des tensions sportives devenues débat politique
La finale de la CAN 2025, organisée au Maroc, a été marquée par des échauffourées et des scènes de tension entre supporters à l’issue du match. Depuis, les réseaux sociaux sont devenus le théâtre d’échanges virulents. Cette situation mêle rivalité sportive, fierté nationale et accusations réciproques.
Ces polémiques ont dépassé le cadre du football pour toucher aux relations symboliques entre deux nations historiquement proches. Elles suscitent ainsi inquiétudes et appels au calme de part et d’autre.
« Ce n’est pas un voyage d’apaisement », tranche Sonko
Face aux interprétations, Ousmane Sonko a tenu à clarifier le sens de sa démarche. Selon lui, sa visite au Maroc n’est pas un “voyage d’apaisement”, mais bien :
« un voyage de confirmation, de dépassement et de refondation du lien à hauteur de deux nations qui se respectent, se reconnaissent et se projettent ensemble ».
Par cette déclaration, le chef du gouvernement sénégalais affirme vouloir dépasser les émotions liées à l’actualité sportive. Il entend inscrire la relation sénégalo-marocaine dans une perspective politique, stratégique et durable.
Sénégal–Maroc : une relation ancienne et multidimensionnelle
Le Sénégal et le Maroc entretiennent depuis plusieurs décennies des relations étroites, fondées sur :
- la coopération diplomatique,
- les échanges économiques,
- les liens religieux et culturels,
- et une collaboration sécuritaire croissante.
La visite d’Ousmane Sonko s’inscrit donc dans une logique de continuité et de consolidation. Elle intervient à un moment où les émotions populaires pourraient fragiliser le discours rationnel et institutionnel.
Sport, émotions et responsabilité politique
L’épisode de la CAN 2025 illustre une réalité bien connue en Afrique : le football est à la fois un facteur d’unité et un déclencheur de passions. Pourtant, pour les dirigeants politiques, l’enjeu est de canaliser ces émotions sans les instrumentaliser.
En refusant le registre de l’apaisement symbolique, Ousmane Sonko adopte une posture de responsabilité politique. Il cherche à repositionner le débat sur le terrain du respect mutuel et de la coopération entre États.
Un message adressé aux opinions publiques
Au-delà des cercles diplomatiques, ce déplacement vise aussi les opinions publiques sénégalaise et marocaine. Son message est clair :
les tensions sur les réseaux sociaux ne doivent pas dicter l’agenda politique. Elles ne doivent pas remettre en cause des relations stratégiques construites sur le long terme.
Conclusion
Le voyage d’Ousmane Sonko au Maroc intervient dans un contexte émotionnel fort, hérité de la finale de la CAN 2025. En rejetant l’idée d’un simple geste d’apaisement, le Premier ministre sénégalais affirme une vision politique plus large. Il revendique ainsi un partenariat fondé sur le respect, la reconnaissance mutuelle et la projection commune.
👉 Reste à voir si ce message de dépassement sera entendu au-delà des sphères officielles, notamment sur les réseaux sociaux où la rivalité sportive continue d’alimenter les débats.

