28 C
Conakry
mercredi 18 février 2026

Vives tensions au marché du Km 36 : des femmes manifestantes dispensées à coup de Gaz lacrymogènes.

Ce mercredi 18 février 2026, la commune urbaine de Sanoyah a été le théâtre de heurts entre les forces de l’ordre et des vendeuses du marché du Km 36. L’usage de gaz lacrymogènes a été nécessaire pour disperser les manifestantes opposées à un déguerpissement.

Très tôt ce matin, l’ambiance était électrique aux abords du marché du Km 36. À l’origine de cette colère : une opération de déguerpissement menée par les forces de défense et de sécurité. L’objectif affiché par les autorités communales est de libérer les emprises routières pour diriger les vendeuses vers un nouveau site de recasement. Un déplacement que les principales concernées refusent catégoriquement pour le moment.

Contacté par notre rédaction, El hadj Sidy Barry, responsable de la Fédération Syndicale du Commerce et de la Friperie de Guinée (FESYCOF-Guinée), s’est rendu sur les lieux pour tenter une médiation.

« J’ai échangé avec elles sur le terrain. La commune affirme avoir aménagé un endroit approprié, mais les vendeuses estiment que ce site est inconnu et mal situé. De plus, le marché des fruits est sectorisé. Elles ne comprennent pas pourquoi une partie seulement doit partir alors que d’autres restent. Elles réclament un traitement équitable : soit tout le monde part ensemble, soit personne ne bouge. C’est ce sentiment d’injustice qui a provoqué leur colère », explique-t-il.

Le responsable syndical souligne également un déficit de communication de la part des autorités : « Bien que la rue ne soit pas faite pour le commerce, en tant que responsables de la fédération, nous ignorons encore où se situe exactement ce fameux lieu de recasement. C’est une situation compliquée. »

Face au risque d’escalade, El hadj Sidy Barry interpelle les autorités communales et nationales sur la précarité économique actuelle.

« Nous avions déjà alerté lors de notre investiture la semaine dernière : la concentration humaine au Km 36 est immense. Si les dispositions ne sont pas prises à temps, cela débordera. Il faut comprendre que le Guinéen vit au jour le jour. Si nos mamans ne sortent pas vendre, la famine s’installe dans les foyers. Ce sont elles qui nourrissent les familles et paient la scolarité des enfants. »

Le syndicaliste conclut par un plaidoyer allant du ministère du Commerce jusqu’à la Présidence de la République, demandant de trouver des solutions dignes et concertées pour les commerçantes de Guinée.

Facinet Soumah

Dernières Infos
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici