UNESCO : l’Afrique reprend sa place dans l’histoire mondiale

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L’UNESCO expose à Paris les héritages et contributions de l’Afrique et de ses diasporas. Ouverte le 17 septembre, l’exposition transforme un vaste projet scientifique en récit accessible au public.

À son siège parisien, l’UNESCO met la mémoire africaine au service d’une culture de paix. L’exposition se tient du 17 au 22 septembre 2026, au 7 place de Fontenoy. Elle précède la quatrième Biennale de Luanda, prévue les 22 et 23 octobre en Angola.

Photographies, cartes, archives, ouvrages et ressources audiovisuelles structurent le parcours. L’objectif n’est pas seulement de montrer des objets anciens. Il consiste à replacer l’Afrique et ses diasporas dans la construction de l’histoire mondiale.

Onze volumes pour corriger un récit incomplet

L’exposition s’appuie sur l’Histoire générale de l’Afrique. Ce grand projet éditorial fut lancé par l’UNESCO en 1964. Plus de 550 chercheurs ont contribué à cette entreprise pendant six décennies. Son comité scientifique comptait deux tiers d’Africains, selon les données présentées autour du projet.

La collection comprend désormais onze volumes, après la publication récente des tomes IX, X et XI. Ce chiffre mesure un changement profond. Autrefois, l’Afrique apparaissait souvent comme un décor de l’histoire écrite ailleurs. Le projet privilégie des sources, des voix et des perspectives africaines.

Le parcours évoque notamment Tombouctou et ses traditions savantes, le royaume d’Aksoum et le Grand Zimbabwe. Il relie aussi la révolution haïtienne, les congrès panafricains, les indépendances et la lutte contre l’apartheid.

De la recherche savante à la culture de paix

L’enjeu dépasse la correction des manuels. Les récits historiques influencent la manière dont les sociétés se perçoivent et se respectent. Présenter les philosophies africaines de la paix, dont l’Ubuntu, permet de relier le passé aux crises contemporaines.

Cette approche prépare également la Biennale de Luanda. L’événement est coorganisé par l’Angola, l’Union africaine et l’UNESCO. Il doit réunir institutions, artistes et jeunes autour du dialogue, du patrimoine et de la prévention des conflits.

Le format visuel rend enfin accessibles des décennies de recherche. Onze volumes spécialisés peuvent intimider un lecteur non universitaire. Une carte ou une photographie permet, en quelques secondes, de comprendre l’étendue d’un réseau commercial ou d’un mouvement politique.

L’exposition parisienne porte ainsi une ambition double. Elle restitue aux Africains leur rôle d’auteurs de leur propre histoire. Elle invite aussi le reste du monde à reconnaître leurs contributions comme une part commune de l’humanité.

Xolomo Tokpa

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