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jeudi 29 janvier 2026

Transition politique en Guinée : l’Union africaine lève la suspension de Conakry après la présidentielle.

Réuni ce jeudi 22 janvier 2026 à Addis-Abeba, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a examiné l’évolution de la transition politique en République de Guinée. À l’issue de sa 1325ᵉ réunion, l’organe décisionnel a adopté le communiqué PSC/PR/COMM.1325 (2026), marquant un tournant dans les relations entre Conakry et l’organisation continentale.

Dans son communiqué, le CPS rappelle d’emblée qu’il s’inscrit dans la continuité de ses précédentes décisions sur la situation guinéenne, « en particulier le Communiqué [PSC/PR/COMM.1284.1 (2025)] (…) le Communiqué [PSC/PR/COMM.1212 (2024)] (…) et le Communiqué [PSC/PR/COMM.1030 (2021)] », adoptés respectivement en 2025, 2024 et 2021.

L’instance africaine réaffirme par ailleurs son attachement aux principes fondamentaux de l’Union, soulignant « l’engagement de l’UA à respecter l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la Guinée », tout en renouvelant sa solidarité avec le peuple guinéen « dans sa quête de promotion du constitutionnalisme et de la gouvernance démocratique ».

Les travaux du CPS ont été marqués par plusieurs interventions officielles, notamment l’allocution d’ouverture de l’ambassadeur Jean-Léon Ngandu Illunga, président du Conseil pour le mois de janvier 2026, la déclaration du président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, ainsi que celles du représentant de la CEDEAO et du ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissada Kouyaté.

Sur le fond, le Conseil « se félicite des mesures positives prises dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route de la transition politique en République de Guinée, qui ont abouti à l’organisation réussie de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 ». Il salue également « le déroulement pacifique et ordonné » du scrutin, qu’il attribue à « l’engagement ferme » du peuple guinéen en faveur de la démocratie et de l’État de droit.

Le CPS adresse en outre ses félicitations au chef de l’État guinéen, notant qu’il « félicite S.E. Mamadi Doumbouya, Président de la République de Guinée, et l’encourage à honorer ses engagements en faveur du rétablissement de la dignité du peuple guinéen ».

Considérant ces avancées, l’organe de l’UA annonce une décision majeure : il « décide de lever la suspension de la participation de la République de Guinée aux activités de l’UA, conformément aux dispositions de l’article 26 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance », et invite le pays à « reprendre immédiatement sa participation aux activités de l’Union ».

Le communiqué exprime aussi « la profonde gratitude » du CPS à l’endroit de la Commission de l’UA pour son accompagnement du processus de transition, notamment à travers la Facilité africaine de soutien aux transitions inclusives (FASTI), les actions de renforcement des capacités, ainsi que « le déploiement de la mission de solidarité » et l’envoi d’une mission d’observation électorale pour la présidentielle de décembre 2025. Les efforts de la CEDEAO sont également salués pour leur contribution au soutien de la transition.

Tourné vers l’après-transition, le Conseil « souligne la nécessité pour la Commission et la FASTI de continuer à soutenir la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance ». Il « encourage le gouvernement guinéen à renforcer la gouvernance inclusive et la réconciliation » et appelle à « l’organisation en temps opportun des élections législatives » afin de parachever la feuille de route politique.

Enfin, le CPS exhorte « les États membres, la CEDEAO et les Nations unies, ainsi que les autres partenaires internationaux, à continuer de soutenir la stabilisation et le développement durable » de la Guinée. Il charge également le Centre de l’UA pour la reconstruction et le développement post-conflit de « promouvoir la relance économique et de s’attaquer de manière holistique aux causes structurelles profondes du changement anticonstitutionnel de septembre 2021 ».

Cette décision acte le retour progressif de la Guinée dans le giron institutionnel africain, tout en plaçant la consolidation démocratique et la stabilité durable au cœur des priorités de la période post-transition.

Facinet Soumah

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