Une affaire mêlant musique, entrepreneuriat et justice secoue actuellement le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kindia.
L’artiste guinéenne Zée Lélouma, de son vrai nom Zénabou Diallo, a engagé des poursuites contre un entrepreneur d’origine sénégalaise, Mamadou Diallo, accusé d’abus de confiance dans un projet d’aménagement de studio d’enregistrement.
Constituée partie civile, la team de la chanteuse affirme avoir remis au prévenu une somme de 15 millions de francs guinéens en avance pour l’isolation d’un studio d’enregistrement, l’aménagement d’une salle de répétition et la réhabilitation d’un salon
Mais selon la partie civile, aucun des travaux n’a été finalisé, malgré le délai contractuel fixé à deux semaines.
À l’audience tenue ce lundi 9 février 2026, le manager de l’artiste, Mamadou Moustapha Baldé, a comparu au nom de sa cliente pour exposer les faits devant le tribunal.
La collaboration serait née après des travaux réalisés dans le studio du musicien Habib Fatako.
C’est par l’intermédiaire du jeune vlogueur Païkoun Saarè que la team de Zée Lélouma a pris contact avec l’entrepreneur mis en cause.
Malgré le versement intégral de la somme, le chantier est resté inachevé.
À la barre, Mamadou Diallo a reconnu avoir perçu les 15.000.000 GNF, retirés par transaction Orange Money.
Il explique toutefois son incapacité à achever les travaux par des démêlés judiciaires personnels, affirmant avoir déjà dépensé environ 10 millions GNF dans l’achat de matériels et divers besoins liés au chantier.
Ledit entrepreneur est également cité dans deux autres dossiers similaires, selon les éléments évoqués à l’audience.
Après avoir entendu les différentes parties, le procureur Mamadou Bhoye Diallo a requis deux ans d’emprisonnement ferme contre le prévenu pour abus de confiance.
Calme à la barre, l’entrepreneur mis en cause a sollicité la clémence du tribunal et s’est engagé à collaborer avec la team de l’artiste afin de trouver une issue favorable au litige.
Le tribunal a finalement renvoyé l’affaire au 23 février 2026 pour le prononcé de la décision, peut-on lire dans les colonnes de nos confrères de Mediaguinee.com.
Une affaire suivie de près par le milieu artistique guinéen, où de nombreux artistes investissent désormais dans leurs propres studios et infrastructures culturelles parfois au prix de litiges coûteux.
Facinet Soumah

