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jeudi 29 janvier 2026

Mort en détention à Kédougou : torture, vols et accusations de viol visant des gendarmes sénégalais

La mort d’Oumar Fadiga, ressortissant guinéen interpellé par la gendarmerie sénégalaise dans la nuit du mardi 25 novembre 2025 à Kédougou, au sud-est du Sénégal, suscite une vive émotion et de graves interrogations. Des témoignages concordants de proches du défunt font état de violences, de tortures, de vols présumés et même d’une tentative de viol impliquant des agents des forces de l’ordre.

Une arrestation nocturne violente

Selon Kaousou Camara, oncle du défunt et témoin direct des faits, tout aurait commencé aux environs de 23 heures, lorsqu’un groupe de gendarmes a fait irruption au domicile d’Oumar Fadiga.

« Ce sont les bruits qui m’ont réveillé. Quand je suis sorti, on m’a dit que ce sont les gendarmes qui sont là. J’ai trouvé qu’ils étaient en train de frapper Oumarba dans sa chambre », témoigne-t-il.

D’après son récit, quatre gendarmes auraient procédé à une fouille particulièrement brutale de la maison. Une valise contenant six millions de francs CFA aurait été fracturée, l’argent entièrement emporté, ainsi que six téléphones portables et les documents d’une moto récemment achetée.

« Ils ont frappé Oumarba devant sa femme. Même elle a reçu des coups, et le bébé pleurait. Ils l’ont ensuite menotté et emmené au poste », poursuit Kaousou Camara.

Des violences répétées en détention

Le lendemain de l’arrestation, l’oncle affirme s’être rendu à plusieurs reprises à la gendarmerie afin de comprendre les raisons de l’interpellation et de s’enquérir de l’état de santé de son neveu.

« Personne ne voulait m’expliquer ce qui se passait. À chaque fois que j’allais au poste, je le trouvais en train d’être frappé dans sa cellule », dénonce-t-il.

Selon ses déclarations, Oumar Fadiga aurait ensuite été transféré dans un autre lieu de détention. La famille aurait été informée plus tard qu’il était gravement malade et hospitalisé, sans jamais être autorisée à le voir.

Une mort entourée de zones d’ombre

Quelques jours après, la famille est informée du décès d’Oumar Fadiga, dans des conditions jugées troubles par ses proches.

« On m’a dit de ne pas me déplacer, que même si je venais je ne verrais pas le corps. Quand j’ai demandé la cause de la mort, on m’a parlé d’une mine interdite, puis d’une affaire de drogue. Les versions ont changé », affirme Kaousou Camara.

Face à ces incohérences, la famille dit avoir alerté Ambassade de Guinée au Sénégal et informé les proches du défunt restés en Guinée.

Le témoignage accablant de l’épouse

L’épouse du défunt, Fanta Traoré, présente lors de l’arrestation, confirme les violences et le vol présumé de l’argent.

« Ils ont frappé mon mari devant moi, ils ont mis les menottes et fouillé toute la maison. Les enfants pleuraient. Ils ont pris les six millions et les téléphones », raconte-t-elle.

Mais son témoignage va plus loin. Elle accuse l’un des gendarmes resté sur place d’avoir tenté de la violer.

« Il m’a dit que si j’acceptais de coucher avec lui, ils allaient rendre l’argent. J’ai refusé. Depuis ce jour, je n’ai plus jamais revu mon mari », confie-t-elle, encore sous le choc.

Appel à la vérité et à la justice

La mort d’Oumar Fadiga soulève de sérieuses questions sur les conditions de son arrestation, de sa détention et sur les circonstances exactes de son décès. La famille réclame l’ouverture d’une enquête indépendante, la restitution des biens saisis et que toute la lumière soit faite sur les responsabilités éventuelles des agents mis en cause.

À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a été rendue publique par les autorités compétentes.

Facinet Soumah

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