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samedi 10 janvier 2026

Sénégal : Le MESRI met en garde contre les recrutements « irréguliers » d’enseignants-chercheurs vers la Guinée et réfute la thèse de la « fuite des cerveaux ».

Dans un communiqué officiel publié le 5 janvier 2026, le ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a tenu à clarifier la polémique née du recrutement par la Guinée d’une soixantaine d’enseignants-chercheurs sénégalais, tout en rappelant fermement le cadre légal strict qui régit la fonction publique universitaire au Sénégal.

Le document, qui fait suite à de nombreuses publications médiatiques évoquant une possible « fuite des cerveaux » ou une perte d’attractivité du système universitaire national, insiste sur le fait que les universités publiques sénégalaises demeurent parmi les plus attractives de la sous-région ouest-africaine. Le MESRI met en avant la qualité de l’environnement académique ainsi que des rémunérations considérées comme parmi les plus élevées de l’espace francophone subsaharien, attirant d’ailleurs de nombreux universitaires originaires d’autres pays africains et européens.

Le ministère rappelle les dispositions légales fondamentales :
– L’article 9 de la loi n° 61-33 du 15 juin 1961 (relative au statut général des fonctionnaires, modifiée) pose le **principe d’exclusivité** de l’emploi dans la fonction publique.
– L’article 11 de la loi n° 81-59 du 9 novembre 1981 portant statut du personnel enseignant précise les modalités de cumul autorisé.

Selon le MESRI, « un enseignant-chercheur sénégalais ne saurait être engagé par un contrat de travail dans la fonction publique d’un autre pays », sauf dans le cadre précis des mécanismes de coopération dûment ratifiés et des « fonctions de services » prévues par les textes en vigueur.


Le protocole Sénégal-Guinée de mai 2025 comme cadre de mobilité

Le communiqué évoque le protocole d’accord signé le 23 mai 2025 à Conakry entre les gouvernements sénégalais et guinéen, portant sur la coopération universitaire et scientifique. Ce texte prévoit bien la mobilité des enseignants et des étudiants, mais ses modalités d’application concrètes doivent encore être précisées par un comité de suivi bilatéral, dont les conclusions seront rendues publiques ultérieurement.

Le MESRI appelle donc les recteurs des universités publiques et les responsables de la gestion du personnel à un respect scrupuleux de la réglementation et à prévenir tout cumul d’emplois irrégulier, sous peine de sanctions administratives.

Contexte : l’appel massif de la Guinée

Cette prise de position intervient alors que la Guinée a lancé, pour l’année universitaire 2025-2026, un vaste recrutement de 300 enseignants-chercheurs (titulaires d’un doctorat), ouvert aux candidats guinéens comme étrangers. Plusieurs médias ont rapporté que 59 enseignants-chercheurs sénégalais figureraient parmi les admis, alimentant les débats sur les conditions de travail, les salaires et l’attractivité comparée des deux systèmes universitaires voisins.

Le MESRI conclut son communiqué sur une note positive, saluant les efforts quotidiens des acteurs universitaires sénégalais et appelant à leur engagement pour assurer le bon fonctionnement du système d’enseignement supérieur national.

Reste à savoir si ce rappel à l’ordre calmera les tensions ou si le sujet continuera d’alimenter les discussions sur la mobilité académique et la concurrence entre systèmes universitaires en Afrique de l’Ouest.

Voici ledit communiqué :

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