Dans la matinée de ce lundi 02 mars 2026, devant le siège de la commune de Sanoyah, l’image tranche avec l’agitation habituelle du marché du Km 36. Des femmes vendeuses, étalagistes et commerçantes ont décidé de déplacer leur activité… faute de pouvoir l’exercer ailleurs.
Depuis leur déguerpissement le mois dernier, elles affirment ne plus disposer d’aucun espace pour vendre leurs marchandises. Résultat : des déplacements quotidiens, des installations précaires, suivies presque systématiquement d’évictions.
» Ce sont les femmes de Km 36 qui se sont mobilisées devant la commune ce matin. Nous n’avons pas de place. Nous faisons des vas et viens tous les jours. Partout où nous nous asseyons, on nous chasse. Nous sommes venues leur demander de nous aider à avoir des places. Nous sommes en période de Ramadan et de Carême. Il y en a aujourd’hui qui sont veuves dans ce marché. D’autres, leurs maris ne travaillent pas. Nous avons des marchandises qui ne sont pas en train d’être vendues « , déclare Aminata Kaba.
Derrière les revendications, une équation simple : sans emplacement, pas de vente. Et sans vente, aucune rentrée d’argent.
» Nous voulons que la commune nous aide à avoir des places pour écouler nos marchandises et faire notre traite « , poursuit-elle.
Certaines évoquent déjà des engagements financiers contractés pour développer leurs activités. Des crédits qu’il devient difficile, voire impossible, de rembourser sans revenus réguliers.
» Nous, les femmes guinéennes, nous souffrons aujourd’hui. Certaines s’endettent auprès des banques pour développer leur business mais cet élan, je crains pour plusieurs. Si nous n’avons pas de places, nous ne pourrons pas vendre pour payer nos crédits et les conséquences, nous les savons tous « , alerte Aminata Kaba.
Au cour de cette rencontre, une délégation de ces femmes vendeuses avait été reçue à l’étage du bâtiment communal pour échanger avec les autorités locales. Objectif affiché : trouver un point de chute à ces commerçantes dont l’activité dépend désormais d’une décision administrative.
Facinet Soumah

