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samedi 7 février 2026

Rwanda – RD Congo : Paul Kagame répond à la menace de sanctions internationales

Lors de la cérémonie d’ouverture de la Journée du dialogue national à Kigali, le jeudi 5 février, le président rwandais Paul Kagame a pris la parole sur la situation sécuritaire tendue dans l’est de la République démocratique du Congo.

Face aux accusations répétées visant le Mouvement du 23 mars (M23) et à la menace de sanctions internationales contre son pays, le chef de l’État rwandais s’est montré ferme, dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du conflit.

Kigali sous pression diplomatique

Depuis la signature, fin 2025, d’un accord de paix entre le Rwanda et la RD Congo sous l’égide des États-Unis, la communauté internationale espérait une désescalade durable dans l’est congolais.

Mais sur le terrain, les combats impliquant le M23 se sont poursuivis, ravivant les soupçons sur un soutien logistique et militaire de Kigali aux rebelles — accusations que le Rwanda continue de rejeter catégoriquement.

Dans son discours, Paul Kagame a averti que les sanctions ne résoudraient pas les causes profondes de l’instabilité régionale :

« On ne peut pas imposer la paix par la pression ou la punition collective. Les vrais problèmes doivent être traités à leur source. »

Un conflit qui reste explosif à l’est du Congo

L’est de la RD Congo demeure l’une des régions les plus instables du continent africain. Entre groupes armés locaux, milices étrangères et rivalités régionales, les civils paient un lourd tribut : déplacements massifs de populations, insécurité alimentaire et violences récurrentes.

Le M23, qui affirme défendre les intérêts de certaines communautés marginalisées, est au cœur des tensions actuelles. Kinshasa accuse ouvertement Kigali de chercher à étendre son influence économique et sécuritaire dans les provinces riches en minerais.

Kagame se défend et renverse les accusations

Devant les participants au dialogue national, le président rwandais a rejeté ce qu’il qualifie de « narratif simpliste » :

  • Il affirme que le Rwanda agit avant tout pour protéger ses frontières
  • Il accuse certains groupes armés congolais d’abriter des forces hostiles à Kigali
  • Il estime que la communauté internationale ferme les yeux sur l’inaction de Kinshasa face à l’insécurité persistante

Selon lui, faire du Rwanda un bouc émissaire ne fera qu’aggraver la crise.

Vers une nouvelle phase de tensions internationales ?

La menace de sanctions économiques et diplomatiques plane désormais sur Kigali. Plusieurs partenaires occidentaux évoquent des mesures ciblées si le soutien au M23 venait à être confirmé par de nouvelles enquêtes internationales.

Une telle décision pourrait :

  • fragiliser l’économie rwandaise, très dépendante de l’aide extérieure
  • accentuer les tensions diplomatiques dans la région des Grands Lacs
  • compromettre les efforts de paix récemment engagés

Conclusion

Malgré l’accord de paix signé sous médiation américaine, la situation entre le Rwanda et la RD Congo reste extrêmement fragile. En répondant frontalement aux menaces de sanctions, Paul Kagame montre que Kigali n’entend pas céder sous la pression internationale.

Mais tant que les violences se poursuivent dans l’est congolais, la méfiance régionale et mondiale restera vive — faisant planer le risque d’une nouvelle escalade diplomatique, voire militaire.

Xolomo Tokpa

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