Une disparition collective qui inquiète toute l’Afrique de l’Ouest
L’angoisse grandit en Afrique de l’Ouest après la disparition de plus de 200 migrants en mer, une tragédie récurrente sur la route des migrants vers les Canaries. Selon InfoMigrants, l’embarcation aurait quitté la Gambie le 5 décembre en direction des îles Canaries. Plus d’un mois après le départ, aucune trace n’a été retrouvée. Les familles vivent dans une attente douloureuse et silencieuse.
La pirogue aurait embarqué entre 200 et 300 personnes. Les passagers seraient originaires du Sénégal, de la Gambie, du Mali et de la Guinée. Le départ se serait effectué depuis la localité de Djinack, au nord de la Gambie. La traversée dure habituellement moins d’une semaine.
Une alerte tardive et des recherches restées vaines
L’alerte sonne le 27 décembre, selon Omar Diop, porte-parole de l’association sénégalaise Boza Fii. Les services de secours ont alors été mobilisés sur l’Atlantique. Malgré cela, aucune épave ni survivant n’a été localisé. Chaque jour qui passe réduit les chances de retrouver l’embarcation.
Dans plusieurs villages côtiers du Sénégal, l’inquiétude est palpable. À Fass-Boye, une femme d’une trentaine d’années, mère de six enfants, figure parmi les disparus. Les témoignages se multiplient, sans réponses concrètes. L’incertitude pèse lourdement sur les proches.
Des routes migratoires toujours plus dangereuses
Ces derniers mois, les départs depuis la Gambie se sont intensifiés. Le durcissement des contrôles migratoires au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie a déplacé les flux. De nombreux candidats à l’exil empruntent désormais des itinéraires plus longs. Ces routes exposent les migrants à des risques extrêmes.
La route des Canaries est particulièrement redoutée. Les courants atlantiques y sont violents et imprévisibles. Des pirogues surchargées y naviguent sans équipements de sécurité. Chaque traversée devient un pari mortel. Les drames s’y répètent presque chaque semaine.
Un drame survenu quelques jours plus tôt
Cette disparition intervient après un autre naufrage meurtrier. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, une embarcation a chaviré au large de Jinack. Les autorités gambiennes ont fait état d’au moins 39 morts. Cent douze personnes ont pu être secourues, dont plusieurs hospitalisées.
Des dizaines d’autres migrants restent toutefois portés disparus. Dans les heures suivant le drame, seuls sept corps avaient été repêchés. Cet épisode tragique illustre la fragilité des embarcations utilisées. Il rappelle aussi la fréquence des accidents sur cette route maritime.
Des chiffres alarmants sur la route des Canaries
Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 906 personnes sont mortes ou portées disparues en 2025 sur la route des Canaries. En 2024, l’organisation avait recensé 9 757 décès ou disparitions. Ces chiffres font de cet itinéraire l’un des plus meurtriers au monde.
En 2025, des embarcations dérivantes ont même été retrouvées dans les Caraïbes. Certaines avaient parcouru plus de 5 000 kilomètres depuis l’Afrique. Ces découvertes témoignent de la puissance des courants atlantiques. Elles illustrent l’extrême vulnérabilité des migrants en mer.
Un océan devenu cimetière à ciel ouvert
Alors que les recherches se poursuivent, l’espoir s’amenuise pour les familles. L’absence de nouvelles alimente les pires craintes. Les associations réclament davantage de moyens de prévention et de sauvetage. Elles appellent aussi à des politiques migratoires plus humaines.
Une fois encore, la route des Canaries rappelle le lourd tribut humain qu’elle impose. Derrière les chiffres, des vies sont brisées et des familles endeuillées. L’Atlantique, immense et silencieux, continue d’engloutir des destins. Pour beaucoup, il est devenu un cimetière à ciel ouvert.
Facinet Soumah

