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dimanche 11 janvier 2026

Route des Canaries : plus de 200 migrants d’Afrique de l’Ouest portés disparus en pleine Atlantique.

L’angoisse grandit en Afrique de l’Ouest. Plus de 200 migrants sont portés disparus depuis plus d’un mois après le départ de leur embarcation de la Gambie en direction des îles Canaries. L’information, révélée le 9 janvier 2026 par le média InfoMigrants, plonge des centaines de familles dans une attente douloureuse, sans nouvelles de leurs proches.

Une nouvelle tragédie migratoire pourrait ainsi s’être jouée sur l’une des routes maritimes les plus meurtrières au monde. Selon plusieurs sources concordantes, entre 200 et 300 personnes auraient quitté, le 5 décembre dernier, la localité de Djinack, dans le nord de la Gambie, à bord d’une pirogue surchargée. Les passagers seraient originaires du Sénégal, de la Gambie, du Mali et de la Guinée.

L’alerte a été donnée le 27 décembre, explique Omar Diop, porte-parole de l’association sénégalaise Boza Fii, engagée dans l’accompagnement des migrants et des familles de disparus. Aussitôt, les acteurs du sauvetage maritime ont été mobilisés. Mais plus d’un mois après le départ, aucune trace de l’embarcation n’a été retrouvée, alors que la traversée vers les îles Canaries dure normalement entre quatre et sept jours.

Dans plusieurs pays de la sous-région, l’inquiétude est à son comble. Des dizaines de familles restent sans nouvelles. À Fass-Boye, dans l’ouest du Sénégal, Cheikh Mamour Bâ témoigne qu’une femme d’une trentaine d’années, mère de six enfants, figure parmi les personnes portées disparues.

Ces derniers mois, les départs depuis la Gambie se sont intensifiés, conséquence directe du durcissement des contrôles migratoires au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie. Cette pression pousse de nombreux candidats à l’exil à emprunter des itinéraires plus longs et extrêmement dangereux, au péril de leur vie.

Cette disparition collective intervient quelques jours seulement après un autre drame. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, une embarcation transportant plus de 200 personnes a chaviré au large de Jinack, à la frontière entre le Sénégal et la Gambie. Selon le bilan communiqué le 6 janvier par les autorités gambiennes, au moins 39 migrants ont perdu la vie. Cent douze personnes ont été secourues, dont 23 hospitalisées, tandis que des dizaines d’autres restent portées disparues. Dans les heures ayant suivi le naufrage, seuls sept corps avaient été repêchés.

En 2025, plusieurs embarcations transportant des corps de migrants ont été retrouvées jusque dans les Caraïbes et en Amérique latine, parfois à plus de 5 000 kilomètres des côtes africaines. Ces découvertes illustrent la violence des courants atlantiques et l’extrême danger de la route des Canaries.

Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 906 personnes sont mortes ou portées disparues en 2025 sur cet itinéraire maritime. En 2024, l’organisation avait recensé 9 757 décès ou disparitions, faisant de la route des Canaries l’une des plus meurtrières au monde pour les migrants.

Alors que les recherches se poursuivent, l’espoir s’amenuise pour les familles des disparus. Une fois encore, la route des Canaries rappelle le lourd tribut humain qu’elle continue d’imposer, dans l’indifférence d’un océan devenu cimetière à ciel ouvert.

Facinet Soumah

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