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Conakry
lundi 16 février 2026

Procès des événements du 28 septembre 2009 : polémique autour des témoignages et des pièces produites.

La comparution des témoins dans le cadre du procès des événements du 28 septembre 2009 se poursuit devant le tribunal ad hoc de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry. Ce lundi 16 février 2026, une militante d’un parti politique est venue à la barre relater ce qu’elle affirme avoir vécu au stade ce jour-là, évoquant notamment des sévices et des traumatismes subis.

Alors que les audiences se succèdent avec la comparution de nombreuses parties civiles, la défense a exprimé de vives réserves sur certains documents présentés au soutien des témoignages. Maître Mathieu Zézé Kalivogui, avocat du Colonel Bienvenu Lamah, affirme constater des irrégularités dans les pièces produites par plusieurs parties civiles.

« Nous remarquons que la plupart des parties civiles qui viennent aujourd’hui présentent des documents entachés de faux. C’est ce qui nous désole. On ne peut pas profiter d’un procès aussi important que celui du 28 septembre pour tenter de s’enrichir illicitement », a-t-il déclaré.L’avocat annonce que des poursuites pourraient être engagées dans les prochains jours contre certaines structures sanitaires soupçonnées de délivrer de faux certificats médicaux.

Selon lui, plus de 60 parties civiles étaient encore inscrites à l’audience du jour, une situation qui, à ses yeux, risque de prolonger indéfiniment les débats si les irrégularités persistent.Sans nier ni confirmer les faits relatés par la témoin du jour, la défense indique avoir relevé « des incohérences » entre son récit et les documents produits. Maître Zézé souligne notamment le décalage entre les faits allégués en 2009 et la délivrance de certains certificats médicaux en 2011, estimant qu’il s’agit là d’éléments « donnant matière à discussion ».Concernant son client, il se dit « serein », affirmant qu’aucune des parties civiles entendues jusqu’ici n’a mentionné le nom du Colonel Bienvenu Lamah dans les faits rapportés. Il dénonce également des cas de représentation qu’il juge problématiques, citant notamment des extraits de naissance établis en 2025 ou des documents médicaux non signés par un médecin. De son côté, la partie civile rejette catégoriquement les accusations de faux. 

D’après Maître Amadou Oury Bah la défense fait preuve de mauvaise foi en remettant en cause la véracité des témoignages. Selon lui, le récit livré à la barre par sa cliente correspond à la réalité des événements déjà évoqués lors des premières phases du procès des événements du Massacre du 28 septembre 2009. L’avocat décrit un « récit tragique », évoquant la séparation des femmes en plusieurs groupes à la sortie du stade : certaines auraient été violées sur place, d’autres battues, et d’autres encore emmenées dans des domiciles privés pour y subir des violences sexuelles et des actes assimilés à de l’esclavage sexuel. Il affirme également que les décès rapportés par la témoin correspondent aux faits établis par d’autres déclarations et par des rapports internationaux, notamment en ce qui concerne les premières victimes tombées aux environs de 8h ou 9h du matin. Maître Amadou Oury Bah rappelle en outre que certains décès ont été largement documentés à l’époque, évoquant notamment la diffusion d’images sur les chaînes internationales TV5 Monde et France 24, ainsi que sur la télévision nationale, pour illustrer que les faits rapportés ne relèvent pas, selon lui, de l’invention. Le procès s’est poursuivi avec la comparution à huit clos de certaines victimes.

Facinet Soumah

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