Présidentielle en Guinée ce dimanche : plus de 6,7 millions d’électeurs appelés aux urnes pour un scrutin décisif.

La Guinée s’apprête à vivre, ce dimanche 28 décembre 2025, une étape déterminante de son histoire politique récente. Plus de 6,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle, la première depuis le changement de pouvoir de septembre 2021. Neuf candidats sont en lice, dont le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya. Ce scrutin marque l’ultime phase du processus de retour à l’ordre constitutionnel, très attendu tant au niveau national qu’international.

Les autorités présentent ce rendez-vous électoral comme une rupture avec les cycles de crises politiques récurrentes. Depuis l’instauration du pluralisme en 2010, les élections présidentielles ont souvent été accompagnées de violences et de contestations. Le vote du 28 décembre est donc perçu comme un test de maturité démocratique pour le pays.

Une campagne électorale jugée apaisée

La campagne électorale, officiellement close le vendredi 26 décembre, s’est déroulée dans un climat qualifié de globalement serein par les autorités. Lors d’une conférence de presse à Conakry, la directrice générale des élections, Djenabou Touré, a salué l’absence d’incidents majeurs. Elle a souligné une nette amélioration par rapport aux précédentes consultations, souvent marquées par des tensions communautaires et politiques.

Selon la Direction générale des élections, les candidats ont pu battre campagne sur l’ensemble du territoire. Les forces de sécurité ont été mobilisées de manière préventive, sans intervention massive signalée. Cette relative accalmie nourrit l’espoir d’un scrutin plus crédible et accepté par le plus grand nombre.

Un dispositif logistique prêt selon la DGE

Sur le plan organisationnel, la Direction générale des élections se dit confiante quant au bon déroulement du vote. Le matériel électoral aurait été déployé dans toutes les régions du pays, y compris dans les zones rurales enclavées. Les kits de vote, l’encre indélébile et les procès-verbaux seraient disponibles dans l’ensemble des bureaux.

Les autorités assurent également que les équipements sanitaires nécessaires pour les agents électoraux ont été fournis. La distribution des bulletins de vote devait s’achever le samedi 27 décembre, à la veille du scrutin. Cette préparation logistique vise à limiter les dysfonctionnements souvent observés lors des précédentes élections.

Résultats provisoires attendus sous 48 heures

Concernant le calendrier post-électoral, la DGE annonce la publication des résultats provisoires dans un délai de quarante-huit heures après la clôture du scrutin. Les premières tendances pourraient ainsi être connues au plus tard dans la soirée du mardi 30 décembre.

Cette rapidité annoncée est présentée comme un gage de transparence. Elle vise également à réduire les risques de spéculations et de tensions dans l’attente des résultats. Les observateurs nationaux et internationaux seront particulièrement attentifs à cette phase sensible du processus électoral.

Liberté d’expression et préoccupations de la société civile

En marge du processus électoral, certaines organisations de la société civile ont exprimé des inquiétudes. Elles évoquent notamment des restrictions présumées d’accès aux réseaux sociaux durant la campagne. Ces plateformes jouent un rôle central dans la diffusion de l’information et la mobilisation citoyenne.

Interrogé sur ces accusations, le président de la Haute Autorité de la communication, Boubacar Yacine Diallo, a indiqué qu’aucune plainte officielle n’avait été déposée. Ni les journalistes, ni les citoyens ne se seraient formellement adressés à son institution à ce sujet.

Les réserves persistantes de la communauté internationale

Sur le plan international, plusieurs partenaires suivent le scrutin avec prudence. Les Nations unies évoquent un contexte marqué par un rétrécissement de l’espace civique et politique. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé des préoccupations publiques.

Il a notamment mentionné des pressions sur des acteurs politiques, des cas de disparitions forcées et des limitations de la liberté des médias. Selon lui, ces éléments pourraient affecter la crédibilité globale du processus électoral. Ces déclarations contrastent avec l’optimisme affiché par les autorités guinéennes.

Une Guinée à la croisée des chemins

À la veille du scrutin, la Guinée se trouve à un moment charnière de son histoire politique. D’un côté, les autorités mettent en avant une organisation maîtrisée et un climat apaisé. De l’autre, des attentes fortes persistent quant à la transparence, l’inclusivité et le respect des libertés fondamentales.

L’issue de cette élection pourrait redéfinir durablement les équilibres institutionnels du pays. Elle déterminera aussi la capacité des dirigeants à restaurer la confiance entre l’État, les citoyens et la communauté internationale.

Facinet Soumah

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