Depuis plus de 24 heures, une pénurie d’essence secoue plusieurs localités du pays, dont la ville de Kindia. Sur le terrain, la situation contraste avec les assurances données par la Société Nationale des Pétroles (SONAP), qui affirme qu’aucune rupture d’approvisionnement n’est à craindre et que les stocks disponibles permettent de couvrir les besoins nationaux.
Pourtant, dans les faits, la quasi-totalité des stations-service de la ville restent fermées aux consommateurs. Le seul moyen pour les usagers de s’approvisionner reste le marché noir, où le litre de carburant se négocie désormais entre 15 000 et 25 000 francs guinéens, un niveau largement supérieur au prix officiel.
Ce mercredi 4 mars 2026, selon les temoignages recueillis auprès des vonducteurs de motos-taxis, le prix d’un litre a connu une augmentation vertigineuses, constatée sur plusieurs axes du centre-ville.
À la ligne de Yéolé, Alhassane Camara, chef de ligne, décrit une situation particulièrement difficile pour les transporteurs :
« Nous traversons une période très compliquée. Quand nous allons dans les stations-service, on ne nous sert pas. Pourtant, on voit que le carburant se retrouve chez les revendeurs du marché noir. Eux nous le revendent ensuite à des prix beaucoup plus élevés. Je me demande s’ils paient plus que nous à la base. Acheter le litre à 25 000 francs guinéens n’est pas soutenable. Si la situation continue ainsi, les frais de transport vont forcément augmenter. »

Même constat du côté de la ligne de Tafory. Ibrahima Sory Camara, membre du syndicat des taxis-motos, souligne l’impact direct de la pénurie sur les conducteurs et les usagers :
« La situation est très compliquée ces derniers jours. Les conducteurs comme les passagers en souffrent. Nous sommes obligés de chercher de l’essence à des prix exorbitants au marché noir. À mon avis, cette crise est aussi liée aux tensions internationales, notamment entre Israël et l’Iran. »
Pour les conducteurs, l’approvisionnement en carburant relève désormais d’un véritable parcours du combattant. Alseny Diallo, taxi-motard, raconte les longues heures d’attente passées en vain devant une station-service :
« C’est devenu extrêmement difficile de trouver de l’essence. Nous sommes obligés d’acheter le litre entre 20 000 et 25 000 francs guinéens au marché noir. Et même à ce prix, ce n’est pas facile d’en trouver. Hier, j’ai passé toute la journée à la station, de 8 heures à 19 heures, sans obtenir le moindre litre. »
Face à la rareté du carburant et à la flambée des prix sur le marché parallèle, les acteurs du transport préviennent déjà qu’une hausse des tarifs de transport pourrait intervenir si la situation persiste. Une perspective qui risque d’alourdir davantage le quotidien des populations, déjà confrontées à la hausse généralisée du coût de la vie.
Facinet Soumah

