Ouganda : le shilling tombe à un plus bas historique

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Le shilling ougandais a atteint un nouveau plus bas historique face au dollar. Il s’échange autour de 3 965 à 3 975 pour un dollar. Une semaine auparavant, il évoluait autour de 3 925 à 3 935. La baisse reste donc nette sur une période très courte.

Les cambistes attribuent cette pression à une forte demande de dollars. Les importateurs d’énergie figurent parmi les principaux acheteurs. Les entreprises cherchent aussi à sécuriser leurs paiements extérieurs. Cette demande intervient dans un contexte pétrolier international tendu.

Une dépréciation d’environ 1 % en une semaine

En utilisant le milieu des deux fourchettes, le shilling passe d’environ 3 930 à 3 970. La dépréciation approche donc 1 % en une semaine. Ce mouvement paraît limité en pourcentage. Il devient pourtant important lorsque les importations sont payées en dollars.

Une monnaie plus faible renchérit les carburants et plusieurs produits importés. Elle peut ensuite alimenter les prix intérieurs. Les entreprises supportent aussi des coûts supplémentaires. La banque centrale surveille donc étroitement cette évolution.

La banque centrale a déjà resserré certaines conditions

La Banque d’Ouganda a récemment relevé les réserves obligatoires des banques. Cette mesure peut réduire la liquidité disponible. Elle vise notamment à limiter certaines pressions monétaires. Mais les cambistes n’attendent pas immédiatement de ventes massives de dollars.

Le marché reste donc très sensible à la demande des importateurs. Les tensions sur le pétrole accentuent ce phénomène. Une hausse du brut augmente les besoins de devises. Les pays importateurs nets deviennent particulièrement vulnérables.

La Zambie subit aussi le choc des carburants

L’Ouganda n’est pas le seul pays confronté à ces tensions. En Zambie, les prix des carburants viennent d’augmenter d’environ 24 %. La hausse reflète les cours mondiaux du pétrole. Elle tient aussi à la faiblesse du kwacha et au retour de certaines taxes.

Le kwacha restait proche de 19,95 pour un dollar. Les cambistes anticipent néanmoins de nouvelles pressions. Les besoins énergétiques pourraient accroître la demande de devises. Cette situation montre le lien direct entre pétrole et monnaies africaines.

Ghana sous pression, Kenya plus stable

Le cedi ghanéen s’est également affaibli. Il s’échange autour de 11,70 pour un dollar, contre 11,60 auparavant. Le marché souffre d’une liquidité limitée. La demande de devises reste pourtant élevée.

Le Kenya présente un contraste plus favorable. Le shilling kényan reste proche de 129,45 à 129,65 pour un dollar. Les cambistes prévoient une relative stabilité à court terme. Cette différence montre que les monnaies africaines ne réagissent pas uniformément.

Les opérateurs suivent aussi la réaction de la Banque d’Ouganda. Reuters indique qu’aucune vente directe massive de dollars n’est attendue pour l’instant. Le marché doit donc absorber une grande partie de la demande lui-même. Cette situation peut accentuer les variations à court terme.

Le contexte international ajoute une difficulté supplémentaire. Les inquiétudes sur l’offre de carburants soutiennent les prix énergétiques. Les importateurs africains doivent alors mobiliser davantage de devises. Les monnaies les plus fragiles subissent rapidement cette pression.

Les ménages peuvent ressentir rapidement ces mouvements monétaires. Les carburants influencent le transport et plusieurs prix alimentaires. Une dépréciation prolongée peut donc dépasser les marchés financiers. Elle peut devenir un sujet de coût de la vie.

Le coût du pétrole devient un test pour plusieurs économies

La hausse du dollar et du pétrole agit donc sur plusieurs fronts. Elle pèse sur les monnaies et renchérit les importations. Elle peut aussi compliquer la lutte contre l’inflation. Les banques centrales devront arbitrer entre croissance et stabilité.

Pour l’Ouganda, le prochain enjeu sera de stopper la spirale de dépréciation. Le niveau de 4 000 shillings pour un dollar devient désormais un seuil psychologique. Les prochains jours montreront si le marché se stabilise. Les importateurs d’énergie resteront au centre de cette évolution.

Xolomo Tokpa

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