Vingt ans d’histoire tournent une page. L’Oprah école Afrique du Sud va bientôt fermer ses portes : Oprah Winfrey a annoncé, le 29 juillet 2026, la fermeture de son académie pour filles en Afrique du Sud après l’année scolaire 2027.
Une école née d’une rencontre avec Mandela
Le projet est né en décembre 2000, d’une discussion entre Winfrey et Nelson Mandela. Les deux personnalités échangeaient sur l’accès des filles sud-africaines à l’éducation. La première pierre a été posée en décembre 2002, à Henley-on-Klip. Mandela et le ministre de l’Éducation Kader Asmal étaient présents. L’école a ouvert ses portes en janvier 2007. Elle accueillait des élèves de la 8e à la 12e année, issues de milieux très défavorisés. Winfrey y a personnellement investi plus de 400 millions de dollars.
Plus de 1 000 diplômées en deux décennies
L’académie a formé plus de 1 000 élèves depuis sa création. Environ 870 d’entre elles ont poursuivi leurs études dans des universités étrangères. La première promotion, en 2012, comptait 72 diplômées. Ce modèle résidentiel offrait un cadre intensif et protecteur. Il a aussi connu une controverse marquante, liée à un cas d’abus impliquant un ancien membre du personnel, dans les premières années de l’école.
Un basculement vers les bourses d’études
À la fin de l’année scolaire 2027, le campus cessera de fonctionner comme internat. Le site retournera au département de l’Éducation de la province du Gauteng. Cette rétrocession était prévue dans l’accord de partenariat initial signé à la création de l’école. Winfrey lance à la place un programme national de bourses. Il doit financer les études d’environ deux fois plus de jeunes filles à travers le pays. Les élèves déjà inscrites termineront leur scolarité, frais entièrement couverts.
Un modèle d’ascension sociale à réinventer
« Le rêve n’a jamais été simplement de construire une école », a déclaré Winfrey. « Il était d’investir dans le potentiel illimité des jeunes femmes. » Ce changement de modèle interroge néanmoins les spécialistes de l’éducation. Le campus unique offrait un accompagnement continu et un environnement structurant. Un système de bourses dispersées, lui, exige un suivi à distance plus complexe. Le succès réel de cette nouvelle formule ne se mesurera que dans cinq à dix ans, à travers le parcours des premières bénéficiaires.
L’éducation d’élite peut-elle devenir un modèle plus large d’ascension sociale féminine ?
Xolomo Tokpa


