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dimanche 11 janvier 2026

N’zérékoré : le prix de l’huile rouge flambe, un bidon de 20 litres atteint 300 000 GNF.

À N’zérékoré, principale agglomération du sud de la Guinée forestière, l’huile de palme locale, communément appelée huile rouge, connaît une envolée spectaculaire de ses prix. Désormais, le bidon de 20 litres se négocie à 300 000 francs guinéens, contre environ 120 000 GNF les années précédentes. Une hausse vertigineuse qui profite aux producteurs et commerçantes, mais fragilise davantage le pouvoir d’achat des ménages.

Réputée pour sa qualité exceptionnelle, l’huile rouge issue notamment de la préfecture de Lola s’impose comme un produit très recherché bien au-delà des frontières guinéennes. Très prisée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et exportée vers d’autres continents, cette forte demande exerce une pression constante sur le marché local, contribuant à la flambée des prix.

Dans les marchés de N’zérékoré et des localités environnantes, vendeuses et consommateurs témoignent de cette hausse progressive mais continue. Hadja Sangaré, commerçante d’huile de palme depuis plusieurs années, décrit une situation devenue difficile à contenir.

« Le prix n’a cessé d’augmenter cette année. Nous sommes passées de 200 000 à 250 000 GNF, pour atteindre aujourd’hui 300 000 GNF le bidon. Forcément, nous avons dû revoir nos tarifs à la hausse. Ce qui se vendait à 5 000 GNF coûte maintenant 10 000 GNF, et ce qui valait 10 000 est passé à 20 000 GNF », explique-t-elle.

Face à cette cherté, de nombreux ménages se tournent vers des solutions alternatives jugées plus accessibles, notamment l’huile raffinée importée, communément appelée « huile de ciao », au détriment de l’huile locale traditionnellement utilisée dans les cuisines.

Selon les commerçantes et acteurs du secteur, cette flambée ne s’explique pas uniquement par l’augmentation de la demande. Elle est également liée à une baisse saisonnière de la production. Actuellement, les palmiers sont en phase de floraison et les noix de palme ne sont pas encore arrivées à maturité. La période de forte production et de transformation de l’huile se situe généralement entre février et avril, période durant laquelle les prix tendent à se stabiliser.

Interrogé sur cette évolution du marché, un responsable de la direction préfectorale du commerce de Lola apporte un éclairage institutionnel.

« La hausse du prix de l’huile de palme repose essentiellement sur deux facteurs. Il y a quelques années, une interdiction de sortie de l’huile avait été instaurée, ce qui maintenait le prix autour de 120 000 GNF, mais limitait fortement les revenus des producteurs. Aujourd’hui, cette mesure est levée et les exportations ont repris. Or, l’huile rouge de Lola est très demandée dans les pays voisins », précise-t-il.

Au-delà de sa valeur commerciale, l’huile rouge locale demeure un produit nutritionnel stratégique. Naturelle et non raffinée, elle est riche en vitamine A, reconnue pour ses bienfaits thérapeutiques dans la prévention et le traitement de certaines carences. Un atout nutritionnel majeur qui renforce sa compétitivité et sa valeur sur les marchés régionaux et internationaux.

Si cette hausse constitue une opportunité économique pour les producteurs, elle pose néanmoins la question de l’accessibilité de ce produit de base pour les populations locales, déjà confrontées à un contexte de vie de plus en plus coûteux.

Facinet Soumah

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