De fortes pluies ont encore provoqué des inondations le long de la rivière Tilé à N’Zérékoré. Plusieurs maisons se sont effondrées malgré un curage récent. La répétition des dégâts révèle un problème urbain plus profond.
Une forte pluie est tombée sur N’Zérékoré ce dimanche 27 septembre 2026. Les eaux ont rapidement envahi plusieurs quartiers situés autour de la rivière Tilé. Kwitèyapoulou figure parmi les zones les plus touchées. Plusieurs habitations se sont retrouvées encerclées par l’eau. Des maisons se sont effondrées et certains passages sont devenus impraticables.
Les sapeurs-pompiers sont intervenus pour secourir des personnes en difficulté. Aucune perte humaine n’était signalée lors des premières publications. Cette information devra être actualisée après l’évaluation complète des autorités.
Des quartiers régulièrement exposés
La crise ne constitue pas un événement isolé. Plusieurs quartiers longeant la Tilé avaient déjà été durement touchés en septembre 2024. Parmi eux figuraient Commercial, Kwitèyapoulou, Tilépoulou, Bellevue, Horoya et Wessoua.
Le bilan établi en 2024 permet de mesurer le risque. Au total, 205 maisons avaient été inondées. Les évaluateurs avaient recensé 57 habitations endommagées et 47 entièrement détruites. Les conséquences sanitaires avaient aussi été importantes. Soixante-deux latrines avaient été détruites et 126 autres inondées. Les eaux avaient contaminé ou submergé 158 points d’approvisionnement en eau.
Cette catastrophe avait affecté 1 975 personnes dans la ville. Parmi elles figuraient 964 enfants scolarisés et 235 femmes enceintes ou allaitantes. Ces chiffres montrent que les dégâts dépassent largement les pertes immobilières.
Le curage ne suffit pas à supprimer le danger
La nouvelle inondation survient malgré le curage récent d’une partie de la Tilé. La commune avait mobilisé des moyens pour améliorer l’écoulement. Pourtant, les premières pluies intenses ont de nouveau exposé les mêmes secteurs.
Le curage peut retirer les déchets et les sédiments qui réduisent la capacité du cours d’eau. Son efficacité reste limitée si les canaux secondaires demeurent obstrués. Elle diminue aussi lorsque des constructions occupent les zones naturelles d’écoulement. Les autorités devront donc évaluer précisément les travaux réalisés. Leur longueur, leur profondeur et leur coût devraient être rendus publics. Il faudra également vérifier les portions de rivière laissées sans intervention.
Entre 2000 et 2017, les débordements de rivières causaient 82 % des inondations recensées en Guinée, selon l’UNICEF. En septembre 2024, les inondations de Kankan et N’Zérékoré avaient touché plus de 45 000 personnes.
Parmi ces victimes figuraient environ 21 600 enfants. Près de 12 000 élèves de 22 écoles primaires avaient aussi subi les conséquences des crues. Ces données confirment la dimension régionale et sociale du problème.
Passer de l’urgence à la prévention permanente
La première urgence consiste à héberger les familles sinistrées. Les puits et latrines touchés doivent aussi être contrôlés. Après une crue, l’eau contaminée augmente les risques de maladies hydriques.
La prévention exige ensuite une cartographie actualisée des zones inondables. Les permis de construire doivent respecter cette cartographie. Les ménages déjà installés dans les secteurs dangereux auront besoin de solutions réalistes de relogement. N’Zérékoré doit également disposer d’un entretien régulier des caniveaux et de la rivière. Les opérations occasionnelles avant l’hivernage ne peuvent remplacer une politique continue. La collecte des déchets doit accompagner les travaux hydrauliques.
Le nouveau débordement de la Tilé constitue donc un avertissement. Le curage reste utile, mais il ne traite qu’une partie du problème. La sécurité durable dépendra de l’urbanisme, du drainage et du contrôle des constructions.
Xolomo Tokpa


