Le cinéma nigérian vient d’établir un record mondial spectaculaire. Le film Black Market a réuni 51 258 spectateurs à Lagos. La projection s’est tenue le 26 septembre au Tafawa Balewa Square. Guinness World Records a ensuite validé le résultat.
Pour être comptabilisés, les spectateurs devaient rester du début à la fin. Le film dure environ 90 minutes. Le chiffre officiel ne correspond donc pas simplement aux personnes entrées sur le site. Il mesure les participants ayant suivi toute la séance.
Un record vieux de onze ans largement dépassé
Le précédent record appartenait aux Philippines depuis 2015. Une projection de Felix Manalo avait attiré 43 624 spectateurs. Black Market améliore cette marque de 7 634 personnes. Cela représente une hausse d’environ 17,5 %.
Le record précédent avait donc résisté pendant onze ans. Lagos l’a battu avec une marge significative. Les organisateurs visaient initialement au moins 50 000 participants. Le résultat final dépasse cet objectif de 1 258 spectateurs.
Une foule totale encore plus importante selon Lagos
Les autorités de Lagos ont évoqué une fréquentation totale proche de 64 000 personnes. Ce nombre dépasse le chiffre retenu par Guinness. Tous les visiteurs ne remplissaient cependant pas les conditions officielles. Certains ne sont pas restés jusqu’à la fin.
Cette différence montre l’importance du protocole de certification. Guinness retient uniquement les participants vérifiés selon ses règles. Le chiffre de 51 258 reste donc la référence officielle. Il constitue désormais le nouveau record mondial.
Un record dans un marché nigérian en croissance
Cette croissance des recettes doit cependant être interprétée avec prudence. Une hausse du prix moyen peut augmenter les revenus sans multiplier les spectateurs. Le secteur doit donc suivre simultanément recettes, entrées et nombre de salles. Ces trois indicateurs ne racontent pas toujours la même histoire.
Le record de Lagos apporte ici un signal différent. Il montre qu’un événement bien préparé peut attirer une foule exceptionnelle. Cette mobilisation ne peut pas être reproduite chaque semaine. Elle prouve néanmoins qu’une production locale peut devenir un rendez-vous populaire majeur.
Le succès intervient alors que les recettes du cinéma progressent fortement dans la région. Forbes Africa cite le Nigeria Box Office Yearbook 2025. Les recettes d’Afrique de l’Ouest anglophone atteignaient environ 15,6 milliards de nairas. Elles étaient proches de 11,6 milliards en 2024.
La progression dépasse donc 34 % en une année. La fréquentation en salles augmente toutefois beaucoup moins vite. Cela signifie que la hausse des recettes vient aussi des prix. Le record de Black Market montre pourtant qu’un événement peut encore mobiliser massivement.
Un film transformé en événement culturel
La projection ne ressemblait pas à une séance classique. Le programme associait cinéma, musique, jeux et animations. Les portes avaient ouvert plusieurs heures avant le film. L’objectif était de créer un événement populaire autour d’une production nigériane.
Black Market est un thriller criminel réalisé par Fatimah Binta Gimsay. L’histoire suit cinq femmes liées à un trafic transfrontalier. Le film réunit plusieurs acteurs connus de Nollywood. Sa première mondiale a donc été pensée comme un spectacle collectif.
Ce que ce record dit de la puissance de Nollywood
Un record de fréquentation ne garantit pas automatiquement un succès commercial durable. Il ne règle pas non plus les problèmes de financement. Nollywood reste confronté au piratage et aux limites de distribution. Le nombre de salles reste également un enjeu.
Mais cette performance montre la capacité du cinéma nigérian à mobiliser une audience immense. Elle donne aussi une visibilité mondiale à ses producteurs. Pour l’industrie africaine, le symbole est fort. Lagos devient désormais la référence mondiale pour une projection de masse.
Xolomo Tokpa


