L’arrestation, le vendredi 23 janvier 2026 à Niamey, d’un correspondant travaillant pour Deutsche Welle (DW), le média international allemand, soulève de vives inquiétudes quant à l’état de la liberté de la presse au Niger. Cette arrestation journaliste Deutsche Welle met en lumière les enjeux actuels de la liberté d’informer dans le pays.
Selon les informations rendues publiques par la Deutsche Welle, le journaliste, correspondant local du média au Niger, a été interpellé dans la capitale Niamey dans des circonstances qui demeurent, à ce stade, opaques. En outre, aucune communication officielle des autorités nigériennes n’est venue préciser les motifs de cette arrestation.
Une arrestation qui interroge
Face à cette situation, la Deutsche Welle affirme avoir immédiatement mobilisé une assistance juridique. En parallèle, elle maintient un contact étroit avec les proches du correspondant, un avocat nigérien, ainsi que d’autres acteurs clés impliqués dans le dossier.
Mais au-delà de ce cas individuel, cette arrestation pose une question plus large : quelle est aujourd’hui la place du journalisme indépendant au Niger ?
L’absence d’explications claires et publiques alimente les soupçons d’une pression croissante exercée sur les journalistes. En particulier, cela concerne ceux travaillant pour des médias internationaux.
Un climat de plus en plus contraignant pour les médias
Depuis les bouleversements politiques qu’a connus le pays, plusieurs observateurs africains et internationaux dénoncent un resserrement progressif de l’espace civique et médiatique. On note des suspensions de médias, des mises en garde administratives et une autocensure croissante. Ainsi, le climat dans lequel évoluent les professionnels de l’information apparaît de plus en plus fragile.
L’arrestation d’un correspondant d’un média de référence comme la Deutsche Welle ne peut donc être considérée comme un fait isolé. En effet, elle s’inscrit dans une dynamique préoccupante, où la sécurité juridique des journalistes n’est plus garantie. De plus, dans cette dynamique, l’exercice du métier d’informer devient un risque.
Informer n’est pas un crime
Dans un continent confronté à des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs, réduire la liberté d’informer revient à priver les citoyens d’un droit fondamental : celui de comprendre les décisions prises en leur nom et les réalités qui les entourent.
Les autorités nigériennes, souvent promptes à invoquer la souveraineté nationale, gagneraient à rappeler que la souveraineté ne se construit pas contre la presse, mais avec elle. Par conséquent, la transparence, le respect des procédures judiciaires et la communication officielle sont essentiels. Cela permet d’éviter que ce type d’arrestation ne soit perçu comme un signal de répression.
Un test pour les autorités nigériennes
En attendant des clarifications, ce dossier constitue un test majeur pour les autorités du Niger :
– respecteront-elles les droits du journaliste ?
– garantiront-elles une procédure équitable et transparente ?
– ou confirmeront-elles les craintes d’un recul durable des libertés fondamentales ?
Deutsche Welle affirme suivre l’affaire de près et promet d’informer sur toute évolution. Pour de nombreux défenseurs de la liberté de la presse en Afrique, l’issue de cette affaire dépassera largement le sort d’un seul journaliste. En effet, elle dira beaucoup de l’avenir du journalisme libre au Niger.
Xolomo Tokpa

