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samedi 7 février 2026

Menace de restriction de visas de l’UE : Morissanda Kouyaté brandit la réciprocité.

Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a réagi fermement aux signaux envoyés par l’Union européenne sur un possible durcissement des conditions d’octroi de visas aux ressortissants guinéens. Face aux diplomates européens en poste à Conakry, le chef de la diplomatie guinéenne a prévenu : toute restriction pourrait entraîner une réponse fondée sur le principe de réciprocité.

Cette rencontre a eu lieu au ministère des Affaires étrangères, s’inscrit dans un contexte de crispations autour des questions migratoires, notamment le retour des Guinéens en situation irrégulière en Europe.

L’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, a pour sa part tenté d’apaiser les tensions, affirmant la volonté de l’UE d’aller au-delà des blocages actuels.

« Nous aspirons à une coopération efficace avec la Guinée, y compris sur ce sujet de migration et de retour des Guinéens en situation illégale en Europe », a-t-il déclaré.

Mais le ton du ministre guinéen est resté tranchant. Réagissant aux informations relayées dans la presse, Morissanda Kouyaté a contesté l’impact réel d’une éventuelle restriction de visas.

« Les 99 % des Guinéens ne veulent pas aller en Europe. C’est une infime partie qui veut partir. Donc, ça ne nous effraie pas », a-t-il lancé.

Devant les diplomates européens, il a clairement évoqué une riposte symétrique.

« On va appliquer l’article 25. Si les visas durent chez nous, les nôtres aussi dureront chez vous. Ce serait malheureux qu’une institution aussi importante soit en conflit avec notre pays », a-t-il averti sur la télévision nationale.

Au-delà de la question des visas, le ministre a recentré le débat sur les conditions de retour des migrants guinéens, appelant à une approche respectueuse des droits humains.

« Nous allons travailler avec vous pour trouver des solutions pragmatiques, mais à la limite de la dignité de nos concitoyens », a-t-il assuré.

Morissanda Kouyaté a également rejeté certaines pratiques d’identification et dénoncé des images jugées dégradantes.

« Nous voulons mettre fin aux scènes de personnes menottées et jetées dans des charters. Les identifications par téléphone cellulaire ne marcheront pas », a-t-il insisté.

Cette sortie musclée illustre un durcissement du discours guinéen face aux pressions européennes sur la migration. Si le dialogue reste officiellement ouvert, la question des visas et des retours s’impose désormais comme un point de friction majeur entre Conakry et Bruxelles.

Facinet Soumah

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