Une opération conjointe réunissant la police, la gendarmerie et des responsables sanitaires a été menée ce mercredi 11 janvier 2026 dans la commune urbaine de Kankan. Elle visait à mettre fin aux activités des structures sanitaires privées exerçant en toute illégalité. L’intervention a ciblé, dans un premier temps, les quartiers de Kankankoura et de Korialen. Dans ces zones, cinq cliniques clandestines ont été fermées.
Sur place, les détenteurs de ces établissements ont assisté, impuissants, à la mise sous scellés de leurs structures. Cette action fait suite à une annonce du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan. En début de semaine, ce dernier avait ordonné la fermeture de ces espaces de soins non agréés, qualifiés de menace sérieuse pour la santé publique.
À la tête de l’équipe d’intervention, le Dr Touré Mohamed Amara a expliqué que cette descente inopinée s’inscrivait dans l’exécution stricte des instructions des autorités sanitaires et judiciaires.
« Nous sommes sur le terrain aujourd’hui pour procéder à la fermeture des structures sanitaires privées qui ne disposent pas d’agrément, sur recommandation des autorités compétentes. Cinq cliniques ont été fermées, dont quatre à Kankankoura et une à Korialen », a-t-il déclaré.
Le médecin a également tiré la sonnette d’alarme sur des pratiques jugées dangereuses, observées ces derniers mois dans certaines de ces structures illégales. Selon lui, des agents non qualifiés se livreraient à des actes médicaux dépassant largement leurs compétences.
« Nous avons constaté des pratiques illicites, notamment de la part de certains infirmiers et agents techniques de santé qui posent des actes médicaux qu’ils ne maîtrisent pas, comme des interventions chirurgicales réservées aux médecins spécialistes. Lorsque cela conduit à des décès, c’est tout simplement déplorable », a-t-il dénoncé.
Dr Touré Mohamed Amara a par ailleurs précisé que cette opération n’est pas intervenue de manière brutale. Une phase de sensibilisation et de notification avait été menée en amont auprès de plusieurs structures concernées.
« Le mois dernier, une équipe est passée dans certaines cliniques pour déposer des lettres de préavis de fermeture. Certes, toutes n’ont pas été touchées, car nous ne disposons pas encore d’une cartographie exhaustive de ces structures, mais la majorité était informée », a-t-il indiqué.
Déterminées à éradiquer durablement ces pratiques, les autorités annoncent une surveillance renforcée afin d’empêcher toute tentative de réouverture clandestine.
« Cette fois-ci, nous ne laisserons aucune possibilité de reprise des activités après fermeture. Nous allons veiller à l’application rigoureuse de ces mesures », a-t-il assuré.
Cette opération marque une nouvelle étape dans la lutte engagée par les autorités judiciaires et sanitaires de Kankan contre la prolifération des cliniques clandestines. De plus, elle intervient dans un contexte marqué par plusieurs incidents sanitaires récents ayant fortement préoccupé l’opinion publique.
Facinet Soumah

