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vendredi 9 janvier 2026

L’US Navy saisit un pétrolier russe lié au Venezuela dans l’Atlantique Nord.

Une opération navale américaine en haute mer

Les États-Unis ont procédé, mercredi 7 janvier 2026, à la saisie d’un pétrolier battant pavillon russe en plein Atlantique Nord. Selon Washington, le navire, baptisé Marinera, a contourné les sanctions américaines visant le secteur pétrolier vénézuélien. L’opération, menée après plus de deux semaines de surveillance, marque une nouvelle escalade dans l’application extraterritoriale des sanctions américaines. Elle intervient dans un contexte de fortes tensions géopolitiques entre Washington, Moscou et Caracas. La Russie dénonce déjà une action « illégale » et contraire au droit maritime international.

Le pétrolier Marinera arraisonné au large de l’Islande

Selon les autorités américaines, le Marinera a été intercepté alors qu’il se trouvait dans la zone économique exclusive de Islande, après avoir traversé l’Atlantique en eaux internationales. L’arraisonnement a été conduit par l’US Navy, avec l’appui des garde-côtes américains. Le patrouilleur USCGC Munro a notamment participé à l’opération. Les forces américaines ont pris le contrôle du navire aux alentours de 15 heures, plaçant l’équipage sous leur autorité en moins d’une heure.

Un mandat judiciaire américain invoqué

La saisie effective du pétrolier est intervenue à 16h01, conformément à un mandat délivré par un tribunal fédéral américain. Le commandement des forces américaines en Europe a confirmé que l’opération respectait, selon Washington, le cadre juridique national des sanctions. Les États-Unis affirment que le navire violait les restrictions imposées au commerce du pétrole vénézuélien. Cette justification est toutefois contestée par Moscou, qui souligne que l’intervention s’est déroulée loin des eaux territoriales américaines.

Moscou dénonce une action « illégale »

La Russie a vivement réagi à l’annonce de la saisie du Marinera. Dans un communiqué officiel, les autorités russes ont dénoncé « l’usage de la force contre un navire sous pavillon russe ». Des médias russes, dont RT, ont diffusé des images montrant un hélicoptère militaire survolant le pétrolier au moment de l’arraisonnement. Selon plusieurs sources, des navires militaires russes se trouvaient à proximité, Moscou ayant dépêché une escorte pour suivre le pétrolier durant sa traversée. Malgré cette présence, l’intervention américaine n’a pas été entravée.

Washington assume un blocus pétrolier renforcé

Sur le réseau X, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s’est félicité de l’opération. Il a affirmé que « le blocus du pétrole vénézuélien illégal et sanctionné est pleinement en place, partout dans le monde ». Fin décembre, les États-Unis avaient annoncé un renforcement de leur dispositif naval autour du Venezuela, visant les pétroliers soupçonnés de contourner les sanctions. Cette stratégie s’inscrit dans une politique de pression maximale sur Caracas et ses partenaires.

Une « flotte clandestine » dans le viseur américain

Selon Washington, le Marinera ferait partie d’une « flotte clandestine » utilisée pour transporter du pétrole pour le compte de la Russie, de l’Iran et du Venezuela. Le navire, anciennement connu sous le nom de Bella 1, a récemment été rebaptisé et enregistré sous pavillon russe. Il est sous sanctions américaines depuis 2024 en raison de liens présumés avec l’Iran et le Hezbollah. Au moment de son interception, il se dirigeait vers le Venezuela, vraisemblablement à vide, selon les données de suivi maritime.

Une série d’interceptions en mer

La saisie du Marinera n’est pas un cas isolé. Fin décembre, deux autres pétroliers avaient déjà été interceptés pour des faits similaires. Par ailleurs, un autre navire de transport d’hydrocarbures, sans pavillon et également visé par des sanctions, a été arraisonné le même jour en mer des Caraïbes. Il doit être escorté vers les États-Unis pour des procédures judiciaires. Ces opérations traduisent une intensification du contrôle maritime américain sur les routes énergétiques mondiales.

Des implications géopolitiques majeures

Cette saisie en Atlantique Nord pourrait accentuer les tensions diplomatiques entre les États-Unis et la Russie, déjà dégradées par les conflits et les sanctions internationales. Elle soulève également des questions sur le respect du droit maritime et la portée extraterritoriale des sanctions américaines. À court terme, l’affaire pourrait peser sur le commerce maritime et les marchés énergétiques. Les réactions internationales sont désormais attendues, alors que Washington affirme sa volonté de maintenir une pression maximale.

Facinet Soumah

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