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jeudi 29 janvier 2026

Libye : une fosse commune de 21 migrants subsahariens découverte à Ajdabya

Une découverte macabre a profondément choqué l’est de la Libye. Le mercredi 14 janvier 2026, les forces de sécurité ont mis au jour une fosse commune contenant les corps de vingt-et-un migrants subsahariens dans la ville d’Ajdabya. La localité se situe à environ 160 kilomètres au sud de Benghazi, dans une zone désertique fréquemment utilisée par les réseaux de migration clandestine.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes auraient été exécutées par balles. Les corps ont été découverts sur une exploitation agricole isolée, difficilement accessible sans connaissance du terrain. Les autorités parlent d’un crime organisé d’une extrême brutalité.

Un trafiquant d’êtres humains interpellé

D’après les autorités locales, le principal suspect est un trafiquant d’êtres humains présumé, propriétaire de la ferme où les corps ont été retrouvés. L’homme était déjà connu des services de police pour des faits liés à la migration illégale. Il a été interpellé peu après la découverte de la fosse commune et placé en détention.
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer s’il agissait seul ou au sein d’un réseau plus vaste. La Libye reste en effet un terrain propice aux groupes criminels, profitant de l’instabilité sécuritaire persistante. Les investigations s’annoncent complexes, notamment en raison du manque de documents d’identité des victimes.

Des survivants retrouvés sur le même site

Sur le même site, plusieurs autres migrants ont été découverts vivants dans des conditions alarmantes. Certains présentaient des blessures par arme à feu, tandis que d’autres portaient des traces évidentes de sévices physiques. Les rescapés ont été immédiatement évacués vers des structures hospitalières locales.
Les équipes médicales ont indiqué que plusieurs victimes nécessitaient des soins d’urgence. Leur état psychologique est également jugé préoccupant après des semaines, voire des mois, de captivité. Les autorités espèrent recueillir leurs témoignages une fois leur état stabilisé.

Une enquête judiciaire ouverte

Les autorités libyennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’identifier toutes les victimes et de déterminer les circonstances exactes de ce crime. À ce stade, les nationalités des personnes exécutées n’ont pas été officiellement communiquées.
Les procédures d’identification sont rendues difficiles par l’absence de registres fiables et par l’itinérance des migrants en Libye. Les autorités collaborent avec des structures locales et internationales pour tenter d’identifier les corps. Cette étape est cruciale pour informer d’éventuelles familles restées en Afrique subsaharienne.

La Libye, un passage devenu mortel

Cette tragédie relance les inquiétudes sur la situation dramatique des migrants en Libye, devenue un point de passage extrêmement dangereux vers l’Europe. Des milliers de personnes transitent chaque année par le pays dans l’espoir de traverser la Méditerranée.
Malgré des arrestations ponctuelles, les réseaux de trafic humain continuent d’opérer librement dans plusieurs régions. Les migrants sont souvent victimes d’extorsions, de violences sexuelles et de travaux forcés. La découverte d’Ajdabya illustre une fois de plus l’ampleur des risques encourus.

Des crimes récurrents dénoncés par les ONG

Des organisations humanitaires dénoncent régulièrement des exécutions, des actes de torture et des pratiques d’extorsion visant des migrants vulnérables en Libye. Plusieurs rapports publiés ces dernières années font état de fosses communes similaires dans l’est et le sud du pays.
La découverte d’Ajdabya s’inscrit ainsi dans une série de crimes rarement sanctionnés. Les ONG appellent à une meilleure protection des migrants et à une coopération internationale renforcée. Elles estiment que l’impunité actuelle favorise la répétition de ces atrocités.

Facinet Soumah

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