Après près de 2 mois de tensions liées à la désignation de l’imam de la grande mosquée de Kénendé, dans la commune urbaine de Kindia, un dénouement a été trouvé ce vendredi 3 avril 2026. Sous l’égide des autorités religieuses nationales, un consensus a permis de tourner la page d’un conflit qui divisait profondément les fidèles.
À l’origine de cette crise, des désaccords autour du choix de l’imam, survenus dans un contexte sensible marqué par la récente rénovation de la mosquée centrale, financée à plus d’un milliard de francs guinéens par Elhadj Abdoul Wakil Keïta. Les tensions avaient rapidement dégénéré, entraînant l’arrestation de plusieurs fidèles début février, ainsi que la suspension de cinq responsables religieux, dont le premier imam, Elhadj Naby Moussa Soumah.
Face à l’impasse, une mission du secrétariat général des Affaires religieuses, conduite par le secrétaire national Elhadj Souleymane Conté, s’est rendue sur place. Réunis au gouvernorat de Kindia, représentants des jeunes, sages, autorités administratives et leaders communautaires ont engagé plusieurs heures de concertation pour désamorcer la crise.
Ces discussions ont abouti à un accord actant la levée de plusieurs suspensions et la réorganisation de l’encadrement religieux. À l’issue de la prière du vendredi, le secrétaire préfectoral des Affaires religieuses et de la Ligue islamique de Kindia, Elhadj Karamba Diaby, a officialisé la décision :
« J’avais pris moi-même la décision de suspendre ces imams afin de préserver la paix dans le quartier Kénendé et promouvoir l’unité au sein de la communauté musulmane. Mais face à la situation, je ne pouvais plus rien faire. C’est pourquoi le ministre secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara, a dépêché une équipe aujourd’hui pour résoudre les différends. Et c’est ce qui est fait grâce à l’appui de mon préfet et de monsieur le gouverneur. Donc, c’est toute la communauté musulmane qui est contente cet après-midi à travers la résolution de cette crise. »
Dans le même élan, les autorités locales ont entériné le retour d’Elhadj Naby Moussa Soumah à son poste de premier imam. Son remplaçant, Abdoulaye Camara, est désormais maintenu comme deuxième imam de la mosquée centrale, une décision saluée comme un compromis équilibré.

Dans le même élan, les autorités locales ont entériné le retour d’Elhadj Naby Moussa Soumah à son poste de premier imam. Son remplaçant, Abdoulaye Camara, est désormais maintenu comme deuxième imam de la mosquée centrale, une décision saluée comme un compromis équilibré.
Le chef de quartier de Kénendé, Fodé Sylla, s’est félicité de l’issue des négociations :
« Nous avons reçu une mission venue de Conakry, conduite par le secrétaire national des Affaires religieuses, accompagnée par les autorités régionales et préfectorales, pour mettre fin à ce conflit. Ce fut une grande satisfaction de les accueillir et d’échanger avec eux. Il a été enfin décidé que l’ancien premier imam Elhadj Naby Moussa Soumah, qui avait été suspendu, reprenne son poste, et que l’imam qui l’avait remplacé, Abdoulaye Camara, occupe désormais la fonction de deuxième imam à la mosquée centrale. Nous avons besoin de la paix et de la stabilité ici à Kénendé et partout en Guinée. Car rien ne se construit en temps de crise. »
La résolution de cette crise a été largement saluée par les fidèles, qui y voient un signal fort en faveur du dialogue et de l’unité. Le secrétaire national des Affaires religieuses a, pour sa part, appelé à la retenue et au renforcement de la cohésion sociale, réaffirmant l’engagement de son institution à prévenir de tels conflits.
Avec ce compromis, Kénendé retrouve progressivement son calme, illustrant le rôle déterminant de la médiation religieuse et du dialogue communautaire dans la préservation de la paix sociale en Guinée.
Facinet Soumah

