Une marée rose a inondé les rues de Kindia ce samedi 25 octobre. Des centaines de femmes, déterminées et solidaires, ont participé à la « Marche Rose » pour la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus. Point d’orgue de cette mobilisation : un message clair et urgent adressé à toutes les femmes, les incitant vivement à profiter d’une campagne de dépistage gratuit.
Rendez-vous était donné à la Maison des Jeunes, transformée pour l’occasion en tribune de sensibilisation et d’espoir.
M’ballou Fofana, Présidente du Réseau National des Femmes Rurales de Guinée, co-organisatrice de l’événement avec la Fondation Sia Tolno , n’a pas caché son émotion. « Notre rôle, c’est de soutenir les malades qui viennent à l’hôpital », a-t-elle déclaré, avant de mettre en lumière le partenaire clé de cette initiative : la LONAGUI.
« C’est grâce à la LONAGUI que je peux dire ici que cette marche a été possible », a-t-elle affirmé. Cet accompagnement n’est pas nouveau. Depuis trois ans, la société soutient le réseau pour le dépistage gratuit en partenariat avec l’Hôpital Régional de Kindia. Un soutien crucial qui permet de toucher les femmes les plus vulnérables. « Les femmes rurales n’ont pas les moyens de venir à l’hôpital. Elles n’ont pas l’information… Elles ne connaissent même pas c’est quoi le cancer du sein ou du col de l’utérus », a déploré Mme Fofana, pointant du doigt le double fléau de la précarité et des tabous, notamment autour du cancer du col, souvent perçu comme « une maladie honteuse ».
Grâce à ce partenariat, le bilan est tangible. « On a envoyé 400 femmes par mois, 100 femmes par semaine à l’hôpital régional de Kindia. Ça s’est fait en 12 mois, soit 4800 femmes », a-t-elle annoncé, chiffres à l’appui. L’objectif principal, amener les femmes à se faire dépister est donc en voie d’être atteint. Le suivi des patientes détectées positives est désormais assuré par l’hôpital, garant de la confidentialité des données médicales.
Pour la LONAGUI, représentée par Jacqueline Koker Keita, Conseillère du Directeur Général, cet événement s’inscrit dans une démarche d’engagement citoyen profond. « C’est la deuxième année consécutive que nous accompagnons le réseau des femmes rurales de Guinée », a-t-elle rappelé. Le succès de l’édition précédente, avec des « personnes qui ont été dépistées et qui ont été prises en charge », a naturellement conduit au renouvellement de l’opération.
« La LONAGUI a pour slogan ‘la fortune au parieur et les bénéfices à la nation’. Alors, ces bénéfices-là, on essaie de les répartir », a expliqué Mme Keita, soulignant la politique de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) de la société. Santé, éducation, jeunesse, culture… tous les domaines contribuant au développement socio-économique de la Guinée sont concernés.
Consciente que les grandes campagnes de sensibilisation se concentrent souvent à Conakry, la LONAGUI a fait le choix d’aller à la rencontre des femmes de l’intérieur du pays. « C’est pour ça que nous avons jugé utile d’aller à Kindia l’année dernière. Et vu que ça a été positif, on a voulu recommencer cette année. » Une stratégie payante qui pourrait s’étendre à d’autres régions dans les années à venir.
Alors que la Marche Rose de Kindia s’achève, le message, lui, continue de résonner : le dépistage reste l’arme la plus efficace pour vaincre ces cancers. Grâce à la mobilisation des associations et au soutien des partenaires privés, l’espoir est désormais permis, même dans les zones les plus reculées de la Guinée.
Facinet Soumah

