À Kindia, le préfet, le colonel Abdourahamane Keïta, a livré un message fort et sans détour à l’endroit des citoyens, à l’occasion d’une cérémonie de remerciement organisée le vendredi 13 février 2026. Au cœur des débats actuels sur les élections locales en Guinée, il s’est exprimé devant les autorités locales, les leaders communautaires et une foule de citoyens mobilisés. Par ailleurs, l’autorité préfectorale a axé son intervention sur la responsabilité citoyenne, la gouvernance locale et l’éducation inclusive. Selon lui, ces éléments sont les piliers de la Guinée de demain.
Cette cérémonie était dédiée à la reconnaissance de la mobilisation des populations lors du processus électoral de décembre dernier. Celui-ci a conduit à l’élection du président de la République, Mamadi Doumbouya. De plus, elle a servi de cadre au préfet pour appeler à la continuité de l’engagement civique. Cela concerne notamment la perspective des prochaines élections communales, législatives et sénatoriales.
Dans son discours, le colonel Abdourahamane Keïta a insisté sur l’importance stratégique des élections locales. Il estime que « le véritable travail commence maintenant ». En effet, ce sont désormais les citoyens qui auront la responsabilité directe de choisir leurs dirigeants à la base.
« Pour les élections communales, il ne doit plus être question d’affinité, de parenté ou de favoritisme. Chacun doit être placé là où il est capable de servir efficacement la communauté », a-t-il déclaré, appelant à des choix fondés sur la compétence, l’intégrité et le sens du devoir.
Le préfet a mis en garde contre les conséquences de décisions électorales mal orientées, qui pourraient, selon lui, freiner durablement le développement local. Il a souligné que la nouvelle architecture institutionnelle du pays repose avant tout sur des conseils communaux solides, crédibles et engagés dans la défense des intérêts des populations.
Au-delà de la sphère politique, l’autorité préfectorale a élargi son message à la transformation des mentalités et au civisme. De plus, il a exhorté les citoyens à adopter des comportements responsables, notamment en matière d’assainissement, de respect mutuel et de promotion des valeurs sociales.
« Le changement commence par nous-mêmes : dans nos comportements, dans la manière de parler aux autres, dans notre rapport à l’environnement et au bien public », a-t-il souligné.
Abordant la question de l’éducation, le colonel Keïta a tenu un discours particulièrement ferme en faveur de l’égalité des chances pour tous les enfants. Il a dénoncé toute forme de marginalisation et appelé à une prise de conscience collective.
« Tous les enfants sont égaux. Aucun ne doit être exclu de l’école. Personne ne sait ce que sera l’enfant d’aujourd’hui demain. Garder un enfant à la maison pour les travaux domestiques est contraire aux lois de notre Constitution », a-t-il martelé, appelant les familles à scolariser tous les enfants sans distinction.
Le préfet a également lancé un plaidoyer appuyé en faveur de l’éducation des filles et de la promotion des femmes. Il a rappelé que la Constitution guinéenne prévoit un quota de 30 % de femmes dans les postes de responsabilité.
« Ces postes ne peuvent être occupés que par des femmes instruites. Une femme peut devenir ministre, voire présidente de la République en Guinée, si nous leur donnons accès à l’éducation et si elles-mêmes s’engagent à apprendre », a-t-il affirmé.
À travers ce message, le préfet de Kindia a appelé les citoyens à faire des choix responsables, équitables et tournés vers l’avenir. Il préconise de placer la compétence, l’éducation et l’intérêt général au cœur de la construction d’une gouvernance locale forte et durable.
Facinet Soumah

