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mardi 10 février 2026

Kindia : 5 responsables religieux de Kénendé obtiennent une liberté provisoire dans une affaire de diffamation.

Poursuivis pour diffamation à l’encontre de l’érudit Elhadj Wakil Keïta, cinq sages et responsables religieux du quartier Kénendé ont comparu, ce lundi 9 février 2026, devant le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia. À l’issue de l’audience, les prévenus ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire de deux semaines, en attendant la poursuite du procès prévue le 18 février prochain.

Placés en détention le vendredi précédent à la suite d’une plainte déposée par Elhadj Wakil Keïta, les mis en cause – trois sages, un imam et un jeune du quartier – sont accusés d’avoir rédigé et diffusé un document attribuant à l’érudit des propos jugés mensongers et attentatoires à son honneur.

Après plusieurs heures de débats, les cinq prévenus ont reconnu les faits qui leur sont reprochés et ont sollicité la clémence de la justice. Dans ses réquisitions, le procureur de la République près le TPI de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a estimé qu’une mise en liberté provisoire était appropriée, tout en sollicitant un délai de deux semaines pour la suite de la procédure.

« La loi doit rester la même pour tous, quelle que soit la personne concernée. Ces citoyens se sont réunis et ont rédigé un document attribuant à Elhadj Wakil Keïta des propos qu’il n’a jamais tenus. Cela constitue une infraction pénale relevant de la diffamation », a déclaré le magistrat à la barre.

Selon les éléments présentés au tribunal, le litige trouve son origine dans la construction d’une mosquée offerte par Elhadj Wakil Keïta aux habitants du quartier Kénendé. Un document aurait été rédigé, faisant croire que l’érudit aurait conditionné la réalisation de travaux routiers au remplacement du premier imam de la mosquée, des propos que la partie plaignante réfute catégoriquement.

« Vingt-trois imams se sont réunis pour produire ce document. Ils ont cherché à porter atteinte à son image, à son honneur et à sa dignité. Or, il s’agit d’un érudit reconnu pour ses œuvres sociales et son engagement communautaire », a poursuivi le procureur.

Rappelant le cadre légal, Mamadou Bhoye Diallo a insisté sur le fait que la diffamation, qu’elle émane de citoyens ordinaires ou de responsables religieux, constitue une infraction sanctionnée par la loi.

« Dès lors que des allégations mensongères sont proférées contre un citoyen, celui-ci est en droit de saisir la justice », a-t-il martelé.

Au-delà de la procédure judiciaire, cette affaire a également entraîné des sanctions administratives au sein des autorités religieuses locales. À l’issue d’une concertation interne, plusieurs imams ont été suspendus de leurs fonctions par le secrétariat préfectoral des Affaires religieuses de Kindia, dans un souci de préservation de la paix sociale.

Les imams concernés sont : Elhadj Naby Moussa Soumah, premier imam de la mosquée de Kénendé, imam Latif Sylla, imam Mohamed Doumbouya et imam Ibrahima Sory Camara, dit Tènè Baridi. Les suspensions ont été prononcées jusqu’à nouvel ordre par le secrétaire préfectoral, Elhadj Karamba Diaby.

À l’issue de l’audience, le président du tribunal a renvoyé l’affaire au 18 février 2026. À cette date, le chef de quartier de Kénendé et son adjoint sont attendus à la barre pour la poursuite des débats. Les cinq prévenus demeurent en liberté provisoire dans l’intervalle.

Facinet Soumah

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