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jeudi 29 janvier 2026

Journée mondiale de l’éducation : Marthe Dédé Koïvogui alerte sur l’analphabétisme féminin en Guinée

À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation, de la culture africaine et afrodescendante, l’ONG Oméga a organisé une rencontre avec la presse pour attirer l’attention sur la persistance de l’analphabétisme en Guinée, en particulier au sein de la population féminine.

Face aux journalistes, la présidente de l’ONG, Marthe Dédé Koïvogui, a lancé un plaidoyer en faveur d’un investissement renforcé dans l’éducation des filles, qu’elle considère comme un enjeu stratégique pour le développement du pays.

Des indicateurs jugés alarmants

Dans son intervention, la responsable de la société civile a estimé que la Guinée se trouve « à un tournant décisif » entre stagnation et progrès social.

« L’éducation n’est pas seulement un service public. Elle constitue le socle de la souveraineté future de notre pays », a-t-elle déclaré, tout en soulignant que les chiffres actuels restent préoccupants.

Selon les données citées par l’ONG, près de 50 % des enfants en âge de fréquenter le collège ne sont pas scolarisés, d’après l’UNICEF. La situation des filles demeure particulièrement critique. L’enquête MICS indique que 17 % des filles sont mariées avant 15 ans, et plus de 45 % avant 18 ans, plaçant la Guinée parmi les pays les plus touchés par le mariage précoce.

L’éducation des filles, un levier économique et social

Marthe Dédé Koïvogui a également mis en avant les retombées économiques de la scolarisation des filles. Selon la Banque mondiale, l’achèvement du cycle secondaire pourrait augmenter les revenus des femmes de 10 à 20 % par année supplémentaire de scolarité en Guinée.

« Éduquer une femme, c’est briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté », a-t-elle affirmé, rappelant qu’une mère instruite a davantage de chances de scolariser ses enfants et d’améliorer leur survie.

Trois appels à l’action

Pour inverser la tendance, l’ONG Oméga a formulé plusieurs recommandations. Elle appelle le gouvernement à respecter l’engagement de Dakar en consacrant au moins 20 % du budget national à l’éducation, conformément aux standards internationaux.

L’organisation plaide également pour la gratuité effective des fournitures scolaires pour les filles des zones rurales, le renforcement des lois contre les mariages précoces et le développement de programmes de formation professionnelle.

À l’endroit de la société civile et des familles, l’ONG invite à une mobilisation accrue pour prévenir le décrochage scolaire et changer les perceptions sociales autour de l’éducation des filles.

Un appel à la mobilisation collective

En conclusion, la présidente de l’ONG Oméga a exhorté les médias à relayer ce plaidoyer et à contribuer à faire de l’éducation une priorité nationale.

« Chaque jour où un enfant guinéen ne va pas à l’école est une perte de richesse pour la nation », a-t-elle insisté, appelant à une mobilisation générale pour faire de l’éducation « le premier chantier de la refondation ».

Facinet Soumah

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