Après plus de 21 heures de pourparlers intenses, les États-Unis et l’Iran n’ont pas réussi à conclure un accord pour mettre fin à la guerre qui secoue le Moyen-Orient depuis fin février. Le vice-président américain JD Vance a annoncé l’impasse dimanche matin avant de quitter la capitale pakistanaise.
Dans une déclaration à la presse à l’issue des discussions, JD Vance a été clair : « Ils ont choisi de ne pas accepter nos termes. » Il a ajouté que la délégation américaine repartait avec « une proposition très simple : une base d’entente qui constitue notre offre finale et ultime ». Le vice-président a toutefois laissé une porte entrouverte : « Nous verrons si les Iraniens l’acceptent. »
Les négociations, qui se sont déroulées au Serena Hotel d’Islamabad sous médiation pakistanaise, ont principalement achoppé sur la question nucléaire. Washington exige un engagement ferme et irréversible de Téhéran à renoncer à tout programme d’arme nucléaire, y compris l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium et le démantèlement de certaines installations. Selon Vance, l’Iran n’a pas donné les garanties nécessaires.
La délégation américaine, qui incluait également l’envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, a quitté Islamabad peu après la conférence de presse. Le vice-président a embarqué à bord d’Air Force Two en direction des États-Unis.
Réaction iranienne : pas de rupture, mais des désaccords persistants
Du côté iranien, les responsables ont reconnu la fin de cette première session de discussions directes sans percée majeure, tout en insistant sur la volonté de poursuivre les échanges. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré qu’« il n’était pas réaliste d’attendre un accord immédiat lors de cette première rencontre ».
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui dirigeait la délégation de Téhéran aux côtés du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a indiqué sur X que l’Iran avait proposé des initiatives « tournées vers l’avenir », mais que les États-Unis devaient encore gagner la confiance de Téhéran. Des sources iraniennes ont évoqué un « maximalisme américain » et des exigences excessives.
Les deux parties prévoient désormais un échange de documents techniques par l’intermédiaire de médiateurs, dont le Pakistan. « Les négociations se poursuivront malgré certaines différences qui subsistent », ont fait savoir des responsables iraniens, sans préciser de calendrier pour une prochaine rencontre.
Un cessez-le-feu fragile dans un contexte tendu
Ces pourparlers historiques – les plus hauts niveaux directs entre Washington et Téhéran depuis la révolution islamique de 1979 – intervenaient dans le cadre d’un cessez-le-feu de deux semaines, fragile et menacé. La guerre, déclenchée fin février 2026, a déjà profondément déstabilisé la région.
Suite à l’échec des discussions, l’administration Trump a annoncé que la marine américaine mettrait prochainement en place un blocus naval des ports iraniens, notamment en lien avec le détroit d’Ormuz, artère vitale pour le commerce pétrolier mondial. Cette mesure risque d’aggraver les tensions et de faire flamber les prix de l’or noir.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a joué un rôle clé dans la facilitation des pourparlers, a appelé au calme et à la poursuite du dialogue.
Les prochaines heures seront décisives pour savoir si le cessez-le-feu tient ou si la région bascule à nouveau dans une escalade militaire. Les marchés financiers mondiaux surveillent de près l’évolution de la situation.
Facinet Soumah

