La Marine sénégalaise a intercepté 238 migrants en situation irrégulière dans les eaux territoriales du Sénégal. Parmi eux figurent 124 ressortissants guinéens. Cela fait de la Guinée la principale nationalité représentée dans ce groupe. Selon des informations communiquées par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (DNLT), les migrants guinéens interceptés au Sénégal constituaient donc le groupe le plus important.
Dans un communiqué officiel, la DNLT indique que les migrants, y compris les migrants guinéens interceptés au Sénégal, ont été remis à ses services après l’interception d’une embarcation de fortune. Celle-ci se trouvait au sud du Cap Manuel, à environ dix milles nautiques du rivage. L’opération est intervenue à la suite d’un appel de détresse lancé par les passagers eux-mêmes.
Le groupe intercepté se compose de plusieurs nationalités ouest-africaines. Outre les 124 Guinéens — dont 60 hommes, 48 femmes et 16 mineurs — figurent 61 Sénégalais. Ce dernier groupe comprend 55 hommes, 4 femmes et 2 mineurs. Il y a également 39 Gambiens, dont 20 hommes, 14 femmes et 5 mineurs, 4 Maliens (2 hommes et 2 femmes), 3 Ghanéens, 4 Ivoiriens et 3 Sierra-Léonais. Tous sont de sexe masculin à l’exception des Maliens.
Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, la pirogue aurait quitté la Gambie, précisément la localité de Djinack, dans la nuit du 5 au 6 décembre 2025. Après plusieurs jours de navigation, l’embarcation aurait atteint les eaux mauritaniennes. Elle a ensuite subi une panne technique, obligeant les migrants guinéens interceptés au Sénégal et les autres à rebrousser chemin.
Toujours d’après les déclarations des passagers, une fois au large de Dakar, le capitaine principal aurait quitté l’embarcation en emportant les moteurs hors-bord. Il aurait été récupéré par une pirogue locale, en compagnie d’une femme malade et de son enfant. Le capitaine avait assuré aux migrants qu’il allait remplacer les moteurs pour permettre la poursuite du voyage. Cependant, face à l’absence de retour et à la dérive de l’embarcation, les migrants ont finalement contacté la Marine sénégalaise pour demander assistance. C’était la dernière chance pour les migrants guinéens interceptés au Sénégal d’obtenir de l’aide.
Les investigations menées par la police ont permis d’identifier dix membres de l’équipage présumé. Ils ont été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête ouverte pour trafic de migrants. Les autres passagers ont été libérés après audition.
Cette nouvelle interception met une fois de plus en lumière la persistance des routes migratoires clandestines en Afrique de l’Ouest. Elle souligne également les risques humains et sécuritaires liés à ces traversées maritimes périlleuses.
Facinet Soumah

