Un accord signé après des négociations nocturnes
Après plusieurs jours de perturbations du système éducatif, le gouvernement de la Guinée et l’intersyndicale de l’éducation sont parvenus à un compromis. Le protocole d’accord a été signé dans la nuit de vendredi à samedi, sous la médiation du président du Conseil national du dialogue social. Il réunit les principaux syndicats enseignants, notamment la FSPE, le SNE et le SLECG.
Cet accord marque une étape importante dans l’accord gouvernement intersyndicale éducation, apaisant les tensions accumulées depuis plusieurs mois. Les discussions ont porté sur les statuts, les primes, les salaires, le reclassement et la situation des enseignants contractuels. Les parties ont salué un esprit de responsabilité mutuelle, jugé déterminant pour préserver l’année scolaire.
Statuts des enseignants : une révision relancée en 2026
La question du statut particulier de l’enseignement pré-universitaire et technique figurait parmi les points les plus sensibles. Dans l’accord gouvernement intersyndicale éducation, une commission technique bipartite, réunissant gouvernement et syndicats, a été mise en place. Un projet de statut révisé a déjà été transmis aux autorités compétentes.
Toutefois, après le retrait du SNAESURS du processus, les parties ont convenu de poursuivre la révision à partir de février 2026. Cette étape devra intégrer les préoccupations des enseignants concernés. Les primes et indemnités examinées concerneront exclusivement les personnels du pré-universitaire et de l’enseignement technique.
Forte revalorisation des primes pédagogiques
L’un des acquis majeurs de cet accord gouvernement intersyndicale éducation concerne les primes liées à l’exercice du métier. La prime de préparation mensuelle passe de 100 000 à 500 000 francs guinéens. Elle se verse progressivement, avec 300 000 GNF dès février 2026 et 500 000 GNF à partir de juillet 2026.
La prime de craie connaît la même évolution, passant de 125 000 à 500 000 GNF selon le même calendrier. Par ailleurs, la prime annuelle de documentation passe de 300 000 à 1 500 000 GNF. Ces mesures visent à améliorer les conditions matérielles de travail des enseignants.
Déblocage des salaires et dossiers en attente
Le protocole prévoit également la poursuite du déblocage des salaires de juillet et août 2025. Les primes amputées seront payées intégralement. La plateforme FUGAS sera rouverte afin de traiter les cas d’enseignants dont les salaires sont bloqués depuis décembre 2023.
Une commission bipartite associant la Direction générale de la fonction publique, l’IGAP et les syndicats examinera les dossiers concernés. Les listes devront être cosignées par les DPE, chefs d’établissements et responsables syndicaux. Les cas jugés justifiés devraient être réglés d’ici fin janvier 2026.
Reclassement et examens professionnels
Concernant le reclassement, le gouvernement s’est engagé à prendre en charge, dès janvier 2026, les arrêtés relatifs aux enseignants admis aux examens professionnels de la session 2017. Cette décision répond à une revendication ancienne des syndicats.
Les parties ont également confirmé la poursuite de l’organisation annuelle des examens professionnels. L’objectif est de garantir des perspectives de carrière claires et régulières pour les enseignants recyclés ou admis à ces concours internes.
Indemnités de logement et de transport revalorisées
Les indemnités de logement et de transport font l’objet d’une augmentation notable. L’indemnité de logement est fixée à 250 000 GNF et celle de transport à 200 000 GNF. Le paiement sera échelonné sur l’année 2026.
Une première tranche sera versée fin mai 2026, avec 150 000 GNF pour le logement et 100 000 GNF pour le transport. Le solde sera payé fin septembre 2026. Cette mesure vise à atténuer l’impact du coût de la vie sur les enseignants.
Primes de fonction et enseignants contractuels
Le gouvernement accepte le principe du paiement des primes de fonction, sous réserve de l’examen des actes de nomination. Une commission spécifique est chargée d’étudier décrets, arrêtés et décisions avant fin février 2026.
S’agissant des enseignants contractuels, une commission examinera les listes de ceux ayant participé à la biométrie et aux évaluations pratiques. Les enseignants ayant obtenu la moyenne seront prioritaires lors des prochains engagements. Pour les contractuels de Conakry, les parties rappellent les dispositions de l’accord du 2 décembre 2025, les invitant à se préparer aux futurs concours.
Une accalmie attendue dans le secteur éducatif
Au terme des discussions, gouvernement et syndicats se sont félicités du climat ayant prévalu lors des négociations. Dans l’accord gouvernement intersyndicale éducation, le protocole d’accord suspend les discussions sur les autres points du mémorandum jusqu’à la signature définitive du statut particulier.
Cet accord est perçu comme un signal d’apaisement pour le système éducatif guinéen. Sa mise en œuvre effective sera toutefois déterminante pour restaurer durablement la confiance entre l’État et les enseignants.


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