La Guinée célèbre son 68e anniversaire en plaçant la jeunesse au centre des commémorations. Cette promesse devra maintenant dépasser les cérémonies. Formation, emploi et participation citoyenne permettront d’évaluer sa portée réelle.
La Semaine nationale de l’indépendance a été officiellement lancée le vendredi 25 septembre 2026. Le Premier ministre Amadou Oury Bah représentait le président Mamadi Doumbouya. Le thème retenu porte un message clair : « S’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir : notre jeunesse ».
Les activités se sont déployées dans plusieurs préfectures pendant le week-end. Des opérations d’assainissement ont notamment été organisées à Kérouané, Kassa et Kintinian. Des cérémonies locales ont aussi mobilisé Télimélé, Koubia et Yomou.
Deux dates fondatrices pour la Guinée
La commémoration renvoie d’abord au référendum du 28 septembre 1958. Les électeurs guinéens avaient rejeté le projet de Communauté française proposé par le général Charles de Gaulle. La Guinée proclama ensuite son indépendance le 2 octobre 1958.
Soixante-huit ans plus tard, le devoir de mémoire reste essentiel. Toutefois, la jeunesse attend davantage qu’un rappel historique. Elle veut mesurer comment la souveraineté politique peut améliorer sa formation, son emploi et son avenir économique.
Les opérations citoyennes donnent une dimension concrète aux commémorations. À Kassa, le nettoyage du 26 septembre a surtout ciblé les déchets plastiques. Cette action intervient après l’interdiction nationale des plastiques à usage unique. Les autorités ont également souligné l’importance sanitaire et touristique des îles de Loos.
De la mobilisation citoyenne aux perspectives d’emploi
Le gouvernement rattache cette séquence à la stratégie Simandou 2040. Celle-ci promet une transformation économique fondée sur les mines, les infrastructures, l’agriculture et le capital humain. La question centrale concerne désormais la place réservée aux jeunes Guinéens dans cette transformation.
Une première initiative fournit un indicateur mesurable. L’AGUIPE-E a lancé, le 15 septembre, une campagne destinée à environ 1 300 jeunes. Elle doit atteindre dix localités avant le 2 octobre. Le programme prévoit des formations, des caravanes de l’emploi et des rencontres avec des entreprises.
Le dispositif couvre Conakry, Kindia, Mamou, Boké, Kankan, N’Zérékoré, Labé, Faranah, Kissidougou et Kouroussa. Cette couverture nationale constitue un début. Cependant, 1 300 bénéficiaires restent une première cohorte face aux besoins d’une jeunesse nombreuse.
Le défi sera donc de transformer une campagne ponctuelle en politique durable. Les résultats devront être suivis après les formations. Le nombre d’emplois obtenus, d’entreprises créées et de contrats signés offrira une mesure plus solide.
Une promesse à traduire en résultats
La Semaine nationale peut renforcer l’unité et transmettre l’histoire de l’indépendance. Elle peut aussi rappeler les devoirs citoyens, notamment la protection des espaces publics. Toutefois, l’engagement des jeunes ne peut reposer uniquement sur le volontariat et les cérémonies.
Pour rester crédible, le discours officiel devra s’accompagner d’opportunités accessibles. La formation professionnelle doit répondre aux compétences recherchées par les futurs projets. Les recrutements liés à Simandou devront aussi être transparents et largement ouverts aux candidats guinéens.
Le 68e anniversaire place ainsi les autorités devant une obligation de cohérence. La jeunesse est présentée comme l’avenir du pays. Elle doit désormais devenir une bénéficiaire mesurable de sa transformation économique.
Xolomo Tokpa


