Face à la recrudescence des pratiques d’orpaillage non conformes à la réglementation, l’État guinéen durcit le ton. Dans un communiqué conjoint, le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et le Ministère des Mines et de la Géologie ont dénoncé les violations massives constatées sur les sites d’exploitation artisanale et mécanisée de l’or dans la préfecture de Siguiri.
Du 10 au 23 juin 2025, une mission conjointe regroupant les services techniques de ces deux départements ministériels, ainsi que ceux du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, s’est rendue sur le terrain pour évaluer la situation. Le constat est alarmant : dégradation avancée de l’environnement, pollution des cours d’eau, destruction des écosystèmes et exploitation sans autorisation légale.
Les ministres Djami DIALLO (Environnement) et Bouna SYLLA (Mines) ont exprimé leur vive préoccupation face aux impacts environnementaux et sociaux de ces activités illégales. Ils ont rappelé avec fermeté l’interdiction formelle de toute exploitation artisanale ou mécanisée ne respectant pas la réglementation en vigueur.
« Tout équipement utilisé dans le cadre d’activités illégales sera saisi, et les personnes impliquées, qu’elles soient de nationalité guinéenne ou étrangère, feront l’objet de poursuites judiciaires », précise le communiqué officiel.
Par ailleurs, le gouvernement prévient qu’aucune autorisation d’exploitation ne sera accordée à l’avenir aux contrevenants, quels qu’ils soient.
Cette déclaration intervient dans un contexte où la région de Siguiri, haut lieu de l’orpaillage en Guinée, est régulièrement secouée par des conflits entre exploitants, des incidents environnementaux majeurs et des critiques croissantes de la société civile sur l’absence de contrôle de l’État.
Les autorités exhortent donc tous les exploitants, artisanaux comme mécanisés, à un respect strict de la réglementation minière et environnementale. L’État réaffirme sa détermination à protéger les ressources naturelles et à garantir la sécurité des communautés riveraines, souvent premières victimes des pratiques illégales.
Facinet Soumah

