La Guinée dispose désormais d’une École de guerre destinée à la formation militaire supérieure. Le décret de création a été rendu public mercredi 30 septembre 2026. L’établissement portera le nom d’École de guerre de Guinée, abrégé EGG. Il aura un caractère interarmées et relèvera de l’enseignement militaire supérieur.
Le général de deuxième section Amadou Kaba devient le premier directeur de l’établissement. Le colonel Joël Lamah est nommé directeur adjoint. Ce dernier était auparavant lieutenant-colonel. Il a été promu colonel à titre exceptionnel le même jour.
Une école au-dessus des formations militaires classiques
Le décret présente l’EGG comme un établissement militaire supérieur de deuxième degré. Cette appellation la distingue des écoles consacrées à la formation initiale. Elle vise surtout des officiers déjà expérimentés. Ils sont destinés à exercer des responsabilités d’état-major ou de commandement supérieur.
Une école de guerre travaille généralement sur la planification stratégique et la conduite des opérations. Elle aborde aussi la doctrine militaire et la gestion des crises. Les officiers y développent une vision plus large des enjeux de défense. Le caractère interarmées favorise aussi la coordination entre plusieurs composantes militaires.
La Guinée rejoint une dynamique régionale
La création guinéenne s’inscrit dans une tendance déjà visible en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire a ouvert son école de guerre à Zambakro en 2019. Sa première promotion comptait quinze stagiaires, dont quatre étrangers. Le Sénégal a inauguré son Institut de défense en décembre 2021.
L’Institut sénégalais regroupe plusieurs structures de formation supérieure. Il comprend une école d’état-major et une école supérieure de guerre. Il possède également un centre de doctrine. Ces expériences montrent que plusieurs États veulent désormais former davantage leurs cadres sur place.
Une autonomie de formation aux enjeux stratégiques
De nombreux officiers africains suivent encore des cursus supérieurs dans des pays partenaires. Une école nationale peut réduire une partie de cette dépendance. Elle permet aussi d’adapter les enseignements aux réalités locales. Les crises sahéliennes ont renforcé l’intérêt pour cette autonomie stratégique.
Les menaces modernes dépassent aussi les opérations terrestres classiques. Elles intègrent le renseignement, les drones et les communications numériques. Elles concernent également la guerre informationnelle et la protection des infrastructures. Une formation commune peut donc améliorer la coordination entre plusieurs spécialités.
Les programmes et les promotions restent à définir
Le décret ne précise pas encore la durée des cursus. Il ne fixe pas non plus les conditions d’admission. Les effectifs des premières promotions restent également inconnus. Ces éléments devront apparaître dans les textes d’application du ministère chargé de la Défense.
Les comparaisons régionales montrent des formats très variables. La Côte d’Ivoire avait commencé avec seulement quinze stagiaires. D’autres écoles accueillent des promotions beaucoup plus importantes. La Guinée devra donc choisir un modèle adapté à ses moyens et à ses objectifs.
Une réforme dont la mise en œuvre sera déterminante
La création de l’EGG constitue une étape institutionnelle importante. Elle ne permet toutefois pas encore d’évaluer la qualité future de la formation. Celle-ci dépendra des programmes, des enseignants et des moyens disponibles. Le recrutement des premières promotions sera également décisif.
La coopération extérieure pourrait également jouer un rôle important. Plusieurs écoles africaines fonctionnent avec des partenariats académiques et militaires. Ces échanges facilitent l’accueil d’enseignants étrangers et les exercices conjoints. Ils permettent aussi d’exposer les officiers à plusieurs doctrines. Les prochaines annonces permettront de mesurer l’ambition réelle du projet. Les autorités devront préciser l’organisation et le calendrier de lancement. Elles devront aussi définir les partenariats éventuels avec d’autres écoles. L’EGG pourra alors être comparée aux institutions déjà opérationnelles dans la région.
Xolomo Tokpa


