Guinée : plus de 3 milliards $ avec la Banque mondiale

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Le nouveau partenariat entre la Guinée et la Banque mondiale entre dans une phase décisive. Ousmane Diagana est arrivé à Conakry ce samedi 3 octobre. Il est vice-président de l’institution pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Sa visite doit préparer le lancement du cadre 2027-2033.

La ministre Mariama Ciré Sylla annonce plus de 3 milliards de dollars d’investissements et d’appuis. Cette enveloppe doit accompagner plusieurs priorités nationales. Elle vise notamment l’agriculture, les compétences, l’électricité et les finances publiques. Le programme est aussi aligné sur Simandou 2040.

Un nouveau cadre bien plus large que les projets déjà engagés

Le portefeuille IDA actuel de la Banque mondiale en Guinée dépasse 1,565 milliard de dollars. Le nouveau cadre couvre donc une ambition financière beaucoup plus large. Pour ses trois premières années, l’allocation IDA21 indicative atteint environ 471 millions de dollars. D’autres financements pourront s’ajouter par la suite.

Le cadre prévoit quatre grands résultats. Il veut renforcer la gestion budgétaire et améliorer le capital humain. Il doit aussi étendre l’accès à l’énergie et aux transports. Enfin, il cherche à mobiliser davantage d’investissements privés créateurs d’emplois.

Agriculture : 116 millions $ et 66 000 emplois visés

L’agriculture illustre déjà cette approche. La deuxième phase du Projet de développement de l’agriculture commerciale dispose de 116 millions de dollars. La Banque mondiale vise environ 66 000 emplois d’ici 2033. Elle veut également toucher 250 000 agriculteurs et ménages ruraux.

Le projet ambitionne aussi de mobiliser 150 millions de dollars de capitaux privés. La première phase avait créé environ 16 000 emplois. La comparaison montre donc un changement d’échelle important. L’objectif est de mieux connecter production, transformation et marchés.

Formation et fiscalité : deux projets dépassent 175 millions $

Le programme SIRA mobilise environ 102 millions de dollars pour la Guinée. Il doit moderniser le secondaire et renforcer la formation technique. Environ 2,7 millions de jeunes Guinéens devraient en bénéficier. Les secteurs ciblés incluent l’agriculture, l’énergie et le numérique.

Un autre financement de 75 millions de dollars concerne les recettes publiques et les dépenses de l’État. Le projet veut faire progresser le ratio fiscal de 12,1 % à 15 % du PIB d’ici 2031. L’enjeu devient crucial avec les futures recettes de Simandou.

Électricité : 132,3 millions $ pour élargir l’accès

La Banque mondiale finance aussi une deuxième phase d’accès à l’électricité à hauteur de 132,3 millions de dollars. Le taux d’accès national était estimé à 53 % en 2024. En zone urbaine, il atteignait environ 89 %. En milieu rural, il tombait à seulement 21 %.

Pour atteindre l’objectif de Mission 300, environ 7,7 millions de personnes supplémentaires doivent être connectées. La différence entre villes et campagnes reste donc considérable. Le financement devra agir sur le réseau, mais aussi sur des solutions hors réseau.

Le défi sera maintenant de transformer les milliards en résultats

Le chiffre de 3 milliards de dollars est spectaculaire, mais il ne suffit pas à mesurer l’impact. Les décaissements seront étalés sur plusieurs années. Certains financements sont déjà approuvés, tandis que d’autres restent à programmer. Leur efficacité dépendra surtout de l’exécution.

Le lancement prévu lundi doit préciser les prochaines conventions. La Guinée pourra alors mesurer les secteurs réellement financés. Les indicateurs seront essentiels : emplois créés, ménages connectés, jeunes formés et recettes supplémentaires. C’est sur ces résultats que le nouveau partenariat sera finalement jugé.

Xolomo Tokpa

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