Au Ghana, les adolescents qui font vibrer le pays cette semaine ne portent pas de crampons. Ils résolvent des équations.
Le National Science and Maths Quiz, le célèbre NSMQ, est entré dans sa phase décisive. Ses quarts de finale, disputés du 30 août au 1er septembre 2026, réunissent les meilleures écoles secondaires du pays à l’Université de Cape Coast.
Vingt-sept établissements étaient encore en compétition au début de cette phase. Et au Ghana, leur confrontation dépasse largement le cadre scolaire.
Six écoles déjà en demi-finales
Après les rencontres des 30 et 31 août, six écoles avaient déjà validé leur billet. Prempeh College, Pope John SHS & Minor Seminary et St Augustine’s College ont remporté les trois premiers quarts.
Tamale SHS a ensuite battu St Hubert Seminary et Labone, tandis que St John’s School s’est qualifié face à Saviour SHS et Mfantsiman Girls. Enfin, PRESEC Legon, octuple champion, a remporté l’un des chocs les plus attendus en éliminant le double tenant du titre Mfantsipim, avec 56 points contre 39.
Les trois derniers quarts de finale ont lieu ce mardi 1er septembre. Les demi-finales sont programmées le 3 septembre, avant la grande finale du 10 septembre à Accra.
Comment un quiz scolaire est devenu une institution
La particularité du NSMQ est sa capacité à rendre la science spectaculaire. Les écoles possèdent leurs traditions. Les anciens élèves soutiennent passionnément leurs établissements. Les réseaux sociaux commentent les performances, les erreurs et les retournements de situation.
Un élève capable de résoudre rapidement un problème complexe de physique ou de mathématiques peut devenir, pendant quelques jours, une figure connue du public. C’est un phénomène remarquable dans un continent où le débat sur l’éducation porte souvent davantage sur les difficultés que sur l’excellence.
Le prestige au service des STEM
Le NSMQ contribue aussi à valoriser les disciplines STEM : science, technologie, ingénierie et mathématiques. Il crée une forme de prestige autour de la connaissance. Pour les adolescents, la réussite académique devient visible. Pour les écoles, atteindre les demi-finales constitue un puissant outil de réputation.
Et pour les anciens élèves, soutenir leur établissement devient presque comparable au soutien d’un club sportif. Cette culture de compétition intellectuelle ne résout évidemment pas les difficultés du système éducatif ghanéen. Mais elle produit quelque chose de rare : une identification populaire à la réussite scientifique.
Une idée que d’autres pays africains pourraient observer
Pour la diaspora africaine aux États-Unis, où les compétitions scolaires, les spelling bees et les programmes STEM bénéficient depuis longtemps d’une forte visibilité, le modèle ghanéen est particulièrement intéressant.
Pourquoi les grandes compétitions intellectuelles panafricaines ne bénéficieraient-elles pas de la même promotion que les tournois sportifs ?
Pourquoi les meilleurs jeunes scientifiques de Conakry, Abidjan, Dakar, Lagos ou Bamako ne pourraient-ils pas devenir, eux aussi, des figures nationales ? Le succès du NSMQ montre qu’il est possible de transformer l’excellence scolaire en événement populaire sans diminuer son exigence académique.
Au Ghana, en septembre 2026, les stars du moment savent manier une calculatrice aussi bien que d’autres manient un ballon.
Xolomo Tokpa


