25 C
Conakry
jeudi 29 janvier 2026

Gbagbo, Ouattara, Thiam : les rivaux d’un scrutin incertain en 2025

Une nation sous tension, entre mémoire du sang et espoirs de paix

🕊️ Une élection sous haute tension

Une élection devrait être un moment de paix, un temps de dialogue démocratique. Mais en Côte d’Ivoire, chaque échéance électorale ravive des douleurs profondes. À quelques mois de la présidentielle d’octobre 2025, le pays retient son souffle. L’angoisse monte : l’histoire est-elle sur le point de se répéter ?

La mémoire nationale reste marquée par la tragédie de 2010. Ce scrutin contesté a débouché sur une guerre civile, faisant près de 3 000 morts. En 2020, de nouvelles violences ont éclaté lors du scrutin controversé qui a vu Alassane Ouattara briguer un troisième mandat. Aujourd’hui, alors que la scène politique s’enflamme de nouveau, les blessures semblent à peine refermées.

🩸 Le lourd héritage des élections passées

Pendant des décennies, la Côte d’Ivoire faisait figure de stabilité en Afrique de l’Ouest. Mais cette réputation a volé en éclats avec la crise post-électorale de 2010. Deux présidents, deux serments, une guerre. Alassane Ouattara, reconnu vainqueur par la CEI, et Laurent Gbagbo, soutenu par le Conseil constitutionnel, ont plongé le pays dans le chaos.

Le conflit a pris fin avec l’arrestation de Gbagbo en 2011, puis son acquittement par la CPI en 2019. Mais le mal était fait. Le tissu social a été profondément déchiré. En 2020, le scénario s’est presque répété : boycott de l’opposition, répression sanglante, 85 morts.

Chaque cycle électoral depuis lors semble jouer avec l’étincelle. Et 2025 ne fait pas exception.

⚖️ 2025 : une poudrière politique

L’actuel climat politique est électrique. Plusieurs figures majeures de l’opposition sont empêchées de concourir. Laurent Gbagbo, malgré son acquittement, reste inéligible à cause d’une condamnation nationale. Tidjane Thiam, nouvelle figure du PDCI, est disqualifié pour avoir perdu sa nationalité ivoirienne. Guillaume Soro, lui, est en exil, condamné à perpétuité.

Ces exclusions judiciaires, que le pouvoir présente comme légales, sont perçues par l’opposition comme une stratégie d’élimination politique.

Face à cette situation, Gbagbo et Thiam ont formé un front commun. Ils dénoncent un processus électoral verrouillé, accusent la CEI de partialité et exigent une révision transparente des listes électorales. Leur slogan : « Trop c’est trop ».

🧨 Institutions fragilisées, démocratie menacée

Au-delà des hommes politiques, c’est le système tout entier qui vacille. La Commission électorale indépendante est au cœur des critiques. Jugée trop proche du pouvoir, elle n’a pas connu de réforme majeure depuis 2020. L’absence de mise à jour complète des listes électorales alimente les soupçons.

Le climat démocratique se dégrade : ONG dissoutes, opposants arrêtés, exil forcé, censure numérique. Le gouvernement a même légalisé la dissolution d’organisations accusées de « troubler l’ordre public ».

Les réseaux sociaux, vecteurs de rumeurs et de fausses nouvelles, amplifient la défiance. Selon plusieurs experts, des groupes étrangers liés à la Russie participeraient à des campagnes de désinformation, exacerbant les clivages.

🛑 Un point de bascule… mais pas une fatalité

Malgré ce tableau sombre, tout n’est pas perdu. Des initiatives locales, religieuses et internationales tentent de désamorcer la crise.

Des systèmes d’alerte précoce sont mis en place par la société civile pour prévenir les violences. Les évêques catholiques, régulièrement écoutés par toutes les communautés, appellent à la paix, au dialogue et à la réconciliation.

Certaines figures politiques, comme Simone Gbagbo, appellent à une amnistie générale pour apaiser les tensions. L’opposition exige un dialogue franc et une réforme des institutions électorales. Le peuple ivoirien, majoritairement attaché à la paix, souhaite tourner la page.

🔎 Quel avenir pour la Côte d’Ivoire ?

Le président Alassane Ouattara, 83 ans, laisse planer le doute sur une quatrième candidature. Cette incertitude entretient la tension. Si sa candidature est confirmée, elle pourrait être le détonateur d’un nouveau cycle de violence. Si elle est retirée, un apaisement est possible.

La vraie question reste : les dirigeants mettront-ils l’intérêt national au-dessus de leurs ambitions ?

📣 Conclusion : un choix de société

La Côte d’Ivoire avance sur un fil. Le pays a le choix entre répéter les erreurs du passé ou bâtir un avenir plus apaisé.

La démocratie repose sur la confiance. La transparence électorale, l’inclusion politique et le respect des droits fondamentaux sont les seules garanties d’un scrutin pacifique.

Il reste peu de temps. Le compte à rebours a commencé. Et avec lui, l’espoir — ou la crainte — que le pays ne retombe dans l’obscurité. Car en 2025, c’est bien plus qu’un vote qui se joue : c’est l’avenir d’une nation.

Xolomo Tokpa

Dernières Infos
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici