32 C
Conakry
dimanche 11 janvier 2026

GAMBIE : 782 migrants secourus après la tragédie qui a coûté la vie à 30 personnes.

En Gambie, les autorités annoncent avoir intercepté plus de 780 migrants en quelques jours, dans un contexte de tension accrue après un naufrage qui a coûté la vie à plus de 30 personnes dans la nuit du Nouvel An. Le gouvernement dit vouloir réagir « de manière décisive » face à une hausse jugée alarmante des départs clandestins.

Une série d’interceptions en quelques jours

Les opérations se sont enchaînées à un rythme inhabituel. Selon Siman Lowe, porte-parole du département de l’immigration gambien, trois interventions distinctes ont été conduites depuis le 3 janvier, permettant d’intercepter 782 migrants à divers points du territoire.

Les personnes arrêtées proviennent de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Lowe précise que parmi elles figurent 233 Sénégalais, 197 Gambiens, 176 Guinéens et 148 Maliens. La majorité se trouvait à bord d’embarcations surchargées, souvent vétustes, qui tentaient de s’élancer vers l’Europe dans des conditions particulièrement risquées.

L’atmosphère dans les localités côtières est empreinte de tension et de fatigue. Les équipes de secours, mobilisées en continu depuis le début du mois, décrivent des scènes répétitives : départs nocturnes, bateaux fragiles, passagers désorientés.

Un contexte marqué par un drame récent

Cette intensification des opérations intervient quelques jours seulement après un naufrage meurtrier survenu dans la nuit du réveillon du Nouvel An, qui a fait plus de 30 morts. Ce drame a ravivé les inquiétudes et mis à nu l’ampleur du phénomène migratoire dans la sous-région.

L’événement a également suscité une forte émotion parmi les familles, qui attendent souvent des nouvelles dans l’angoisse. Dans plusieurs quartiers de Banjul, des proches ont confié leur frustration face à la répétition de ces tragédies, où l’espoir d’une vie meilleure se heurte à la violence de la mer.

Une réaction ferme des autorités

Face à la multiplication des départs, le ministère de l’Intérieur gambien a exprimé sa « profonde inquiétude » quant à l’augmentation rapide du nombre de tentatives de traversée depuis les côtes. Dans un communiqué, le ministère annonce la mise en place d’équipes d’intervention spéciales chargées de répondre « de manière décisive » à cette crise.

Cette réponse vise à renforcer les contrôles aux points de départ identifiés, mais aussi à coopérer davantage avec les pays voisins, également concernés par ces mouvements. La Gambie se retrouve en effet en première ligne, portée par sa façade maritime stratégique, régulièrement utilisée comme point de transit vers l’Atlantique.

Une crise régionale persistante

Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes Africains tentent la traversée vers l’Europe. Ils fuient autant la pauvreté que l’instabilité politique ou l’absence d’opportunités économiques. Mais la route migratoire reste l’une des plus dangereuses au monde, et les naufrages s’y succèdent malgré les mises en garde répétées.

Dans ce paysage, la Gambie partage les mêmes défis que le Sénégal, la Guinée ou le Mali : empêcher les départs tout en répondant au désarroi d’une jeunesse qui voit dans l’exil la seule voie possible vers un avenir meilleur.

L’interception de 782 migrants en quelques jours et le naufrage meurtrier du Nouvel An rappellent l’urgence de la situation migratoire en Afrique de l’Ouest. Entre surveillance accrue, pressions économiques et désespoir des candidats au départ, la Gambie se retrouve face à un dilemme complexe. Les prochaines semaines diront si les mesures annoncées suffiront à freiner un phénomène profondément enraciné dans la région.

Facinet Soumah

Dernières Infos
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici