Un sinistre majeur dans le village de Dalamara
Un violent incendie a frappé le village de Dalamara, situé à une dizaine de kilomètres à l’est de Faranah, dans la zone relevant de la sous-préfecture de Tindo. Le feu, dont l’origine n’a pas encore été officiellement déterminée, a réduit en cendres 25 cases traditionnelles. Tout leur contenu, constitué essentiellement de vivres et de biens domestiques, a été entièrement détruit. Le drame est survenu en pleine saison sèche, période particulièrement propice à ce type de catastrophe.
Selon les premiers témoignages recueillis sur place, les flammes se sont propagées très rapidement. Les habitations, construites en matériaux traditionnels, n’ont offert aucune résistance face à la violence du feu. Les habitants, pris de court, n’ont pu sauver ni leurs biens ni leurs réserves alimentaires. La scène a laissé derrière elle un paysage de désolation.
Des pertes alimentaires considérables
Joint par nos confrères de Bambouguinee.com, Ansoumane Oularé, l’un des sinistrés, a livré un témoignage poignant. Il dresse un bilan lourd des pertes matérielles subies par les familles touchées. Selon ses déclarations, 55 sacs de riz, 45 sacs de fonio, 17 sacs d’arachides et 11 bidons d’huile ou de haricots ont été consumés par les flammes. Ces denrées représentaient l’essentiel des stocks alimentaires du village.
Ces vivres étaient destinés à la consommation des ménages et à la préparation de la prochaine saison culturale. Leur destruction plonge les habitants dans une situation de grande précarité. À l’approche des travaux agricoles, généralement entamés au mois de mai, les familles sinistrées se retrouvent sans aucune réserve. L’impact économique et social du sinistre est donc particulièrement sévère.
Une famille handicapée durement touchée
Parmi les victimes de cet incendie figure une famille comprenant une personne sourde-muette. Selon Ansoumane Oularé, cette personne a tout perdu dans la catastrophe. Cette situation accentue la vulnérabilité des sinistrés, déjà confrontés à des conditions de vie difficiles. Malgré l’ampleur des dégâts matériels, aucun décès n’a été enregistré, un soulagement partagé par les habitants.
L’absence de pertes humaines n’atténue toutefois pas la détresse morale et matérielle des familles concernées. Les habitants de Dalamara peinent à mesurer l’ampleur de ce qu’ils ont perdu. Les cases détruites constituaient souvent l’unique logement et le principal espace de stockage des récoltes. La reconstruction s’annonce longue et coûteuse.
Un appel pressant à la solidarité
Face à cette situation critique, Ansoumane Oularé lance un appel à l’aide à l’endroit des autorités, des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté. Il souligne l’urgence d’un soutien pour permettre aux sinistrés de se relever. Sans assistance extérieure, de nombreuses familles risquent de ne pas pouvoir entamer la prochaine campagne agricole. Cette perspective fait craindre une aggravation de l’insécurité alimentaire dans la localité.
L’appel vise notamment l’octroi de vivres, de matériaux de construction et d’un appui financier. Les habitants espèrent une réaction rapide afin d’éviter une crise humanitaire locale. La solidarité communautaire commence à s’organiser, mais elle demeure insuffisante face à l’ampleur des besoins. Le village attend désormais un geste concret des autorités et des partenaires sociaux.
Un phénomène récurrent en Haute Guinée
Cet incendie s’inscrit dans une série de sinistres similaires enregistrés ces dernières années en Haute Guinée. Durant la saison sèche, les villages ruraux restent fortement exposés aux feux accidentels. Les cases construites en paille et en banco, combinées au stockage massif de vivres, constituent un facteur aggravant. L’absence de moyens de lutte contre l’incendie complique davantage la situation.
Ce nouvel épisode relance le débat sur la prévention des incendies en milieu rural. Plusieurs observateurs appellent à des campagnes de sensibilisation et à un meilleur accompagnement des communautés. À Faranah, l’émotion demeure vive et la solidarité est désormais attendue comme un levier essentiel pour aider les sinistrés à reconstruire leur avenir.
Facinet Soumah

