L’alerte est grave et le silence des autorités inquiète. Selon le Syndicat national de l’enseignement franco-arabe de Guinée (SNEFAG), plusieurs dizaines d’étudiants guinéens seraient actuellement détenus dans la capitale égyptienne, dans des conditions jugées préoccupantes. Une situation que le syndicat qualifie d’alarmante et qui suscite de vives récriminations.
À travers une note transmise ce mercredi 4 mars 2026, le SNEFAG attire l’attention sur ce qu’il considère comme une dérive grave touchant des étudiants guinéens partis poursuivre leurs études en République arabe d’Égypte.
Le secrétaire général de la structure, Dr Ibrahima Mansaré, fait état d’une crise qui frappe particulièrement les étudiants issus du cursus franco-arabe.
« Le Bureau exécutif national du SNEFAG exprime sa profonde vive préoccupation face à la situation tragique que traversent nos compatriotes, particulièrement les étudiants issus du cursus franco-arabe, actuellement en séjour d’étude en République arabe d’Égypte », a-t-il déclaré.
Selon les informations recueillies par le syndicat, ces arrestations feraient suite à une vague d’interpellations visant des ressortissants guinéens dans la capitale égyptienne. Les chiffres avancés restent fluctuants, mais le nombre de détenus serait particulièrement élevé.
« À ce jour, plus de 30 étudiants seraient détenus, bien que d’autres sources locales évoquent un chiffre dépassant les 50 personnes », indique le SNEFAG, qui dénonce avec fermeté les conditions d’arrestation et de détention de ces étudiants.
Pour la structure syndicale, ces pratiques seraient contraires aux conventions internationales relatives aux droits de l’homme. Elle s’indigne d’une situation qu’elle juge d’autant plus grave qu’elle concerne de jeunes Guinéens venus étudier.
Face à ce qu’il considère comme une urgence diplomatique, le SNEFAG exige une réaction immédiate des autorités guinéennes présentes en Égypte. Le syndicat réclame notamment l’implication rapide des représentations diplomatiques et consulaires afin d’obtenir la libération des étudiants détenus.
Dans sa note, l’organisation syndicale interpelle également le gouvernement guinéen et l’appelle à renforcer la protection consulaire des ressortissants à l’étranger, estimant que l’inaction face à ce type de crise expose inutilement les citoyens guinéens vivant hors du pays.
Tout en dénonçant cette situation, le SNEFAG appelle néanmoins les étudiants guinéens présents en Égypte à garder leur calme et à faire preuve de solidarité dans ce contexte tendu.
Un décès qui aggrave l’indignation
La colère du syndicat est d’autant plus vive qu’un drame a récemment été signalé. La semaine dernière, un étudiant guinéen issu de l’enseignement franco-arabe serait décédé alors qu’il se trouvait en détention.
Pour le SNEFAG, cette mort renforce l’urgence d’établir toute la vérité sur les conditions de détention des étudiants guinéens. La structure exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce décès.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités guinéennes ou égyptiennes n’a encore été rendue publique concernant cette affaire, alors que l’inquiétude continue de grandir au sein de la communauté guinéenne.
Facinet Soumah

