Face à l’enlisement des négociations avec le gouvernement, l’intersyndicale de l’éducation hausse le ton. Elle appelle les enseignants du Grand Conakry à une assemblée générale extraordinaire prévue le 11 avril 2026 à la Bourse du Travail de Kaloum. Cette réunion a en ligne de mire une possible grève totale et illimitée.
La tension monte d’un cran dans le secteur éducatif guinéen. Dans un communiqué au ton ferme, l’intersyndicale annonce cette rencontre cruciale pour le samedi 11 avril 2026 à 15 heures. Elle intervient dans un contexte de blocage persistant des négociations entre les syndicats et le gouvernement. Cela, plusieurs mois après la signature du protocole d’accord de janvier dernier.
Selon les responsables syndicaux, les engagements pris par les autorités tardent à se concrétiser. Ils dénoncent notamment une « stratégie de pourrissement » visant à épuiser la mobilisation des enseignants à travers des lenteurs administratives. De plus, ils citent des promesses non tenues.
Parmi les principaux points de crispation figurent la situation des enseignants contractuels, l’examen des actes de nomination ainsi que la révision du statut particulier des enseignants. Ce sont autant de dossiers qui, selon le syndicat, stagnent délibérément.
À ces revendications s’ajoutent des préoccupations salariales persistantes : retards de paiement, primes non versées, arriérés impayés et anomalies dans le traitement des salaires. Ainsi, les enseignants considèrent cette situation comme de plus en plus insoutenable. Cela, dans un contexte déjà marqué par la cherté de la vie.
L’intersyndicale dénonce par ailleurs une forme de mépris à l’égard du corps enseignant. Elle estime que les autorités ne mesurent pas l’ampleur du malaise qui traverse le système éducatif.
À l’approche des examens nationaux et dans un contexte politique sensible, les syndicats mettent en garde contre le risque d’une crise scolaire majeure. Ils préviennent que la responsabilité d’un éventuel blocage du système éducatif incomberait entièrement au gouvernement.
En guise d’avertissement, l’intersyndicale n’exclut pas de recourir à une grève totale et illimitée si aucune avancée concrète n’est enregistrée. L’assemblée générale du 11 avril s’annonce ainsi comme un tournant décisif dans ce bras de fer.
Les enseignants sont appelés à une mobilisation massive. Ils sont déterminés à faire entendre leurs revendications et à imposer un rapport de force face aux autorités.
Facinet Soumah

