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jeudi 29 janvier 2026

Dr Kpoghomou alerte : « Réformer, ce n’est pas multiplier les ministères »

La récente réorganisation gouvernementale en Guinée continue de faire réagir. Le président de la transition, Général Mamadi Doumbouya, a procédé à un découpage de plusieurs ministères en départements distincts. Une décision qui divise l’opinion publique et la classe politique.

Si certains saluent une volonté de spécialisation, d’autres dénoncent une mesure inefficace. C’est le cas de Dr Édouard Zoutomou Kpoghomou, président de l’Union pour la Démocratie et le Renouveau (UDRP) et vice-président de l’Alliance Nationale pour l’Alternance Démocratique (ANAD).

« Une inflation institutionnelle inutile »

Interrogé à Conakry par des journalistes, Dr Kpoghomou n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’augmentation du nombre de ministères ne garantit en rien l’efficacité de l’action gouvernementale.

« En Guinée, on pense toujours que l’efficacité vient avec des chiffres pléthoriques. C’est une erreur d’appréciation. Même des pays comme le Canada ou les États-Unis fonctionnent avec une douzaine de ministères », a-t-il déclaré.

Il pointe du doigt une gouvernance orientée, selon lui, vers la récompense politique plutôt que vers la performance :

« On crée des postes pour les adapter à des hommes, au lieu de mettre des hommes à la hauteur des postes existants. »

Des conséquences budgétaires lourdes

Dr Kpoghomou met également en garde contre les implications financières de cette décision.

« Chaque ministère génère de nouvelles charges : cabinet, secrétariat, directions, équipements, budget. Cela alourdit l’État au lieu de le rendre plus efficace. »

Il redoute aussi des chevauchements de compétences et des conflits d’autorité entre ministères, ce qui risquerait de ralentir davantage l’exécution des politiques publiques.

Une démarche contraire aux réformes attendues

Pour Dr Kpoghomou, cette restructuration est un contretemps au moment où la Guinée a besoin de réformes structurelles profondes.

« Il ne s’agit pas seulement de structure, il s’agit de méthode. Il faut des techniciens compétents et une vraie volonté de rupture avec le clientélisme et le népotisme. On n’innove pas par le nombre, on innove par la compétence. »

Il appelle donc le gouvernement à revoir sa copie.

« Ce n’est pas une question partisane. Il s’agit de l’État, de ses ressources limitées, et de notre avenir collectif. »

Appel à la rationalisation

En conclusion, Dr Kpogomou avertit :

« Plus on multiplie les ministères, plus on augmente la lourdeur administrative et on freine l’innovation. Ce n’est pas la bonne direction. Il faut réduire, recentrer et exiger des résultats. »

Facinet Soumah

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