L’étau se resserre autour d’Ibrahima Chérif Bah. Ce mardi 17 mars 2026, le dossier en appel de l’ex gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a franchi une étape décisive devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le parquet spécial a formellement requis le maintien de sa lourde condamnation initiale.
Condamné en première instance le 5 mai 2025 à 5 ans de prison ferme et à une amende de 5 milliards GNF, Chérif Bah ne s’est pas présenté à l’audience ce mardi. Cette absence répétée, qualifiée de « méprisante » par la partie civile, a dominé les débats. Malgré la signification des actes à son domicile de Lambanyi, le prévenu poursuivi notamment pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment est resté introuvable.
Selon les avocats de l’État, cet appel n’est qu’une manœuvre dilatoire visant à protéger un « empire immobilier » florissant. Maître Faya Gabriel Kamano a ainsi sollicité une réévaluation des réparations : Dommages et intérêts initiaux : 5 milliards GNF.
Nouvelle demande : 10 milliards GNF.
« Son appel est abusif. Son seul but est de retarder l’exécution de la décision pour continuer à percevoir ses revenus locatifs », a martelé l’avocat de la partie civile.Le procureur spécial, Aly Touré, a suivi cette ligne de fermeté.
Il a demandé à la chambre des appels : La confirmation intégrale de la peine de 5 ans d’emprisonnement.
L’exécution provisoire de la décision, ce qui permettrait d’engager les poursuites et les saisies de biens sans attendre un éventuel pourvoi en cassation.
Le verdict final est attendu pour le 14 avril 2026. D’ici là, le mandat d’arrêt décerné contre l’ancien haut fonctionnaire reste en vigueur.
Facinet Soumah

