La Chambre des appels suspend ses audiences du 8 janvier
La Chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) n’examinera finalement aucun dossier ce jeudi 8 janvier 2026. L’ensemble des affaires inscrites au rôle a été renvoyé au jeudi 15 janvier 2026 à 9 heures. La décision a été prise par la juridiction présidée par le magistrat Daye Mara. Ce report concerne quatre dossiers jugés sensibles et suivis de près par l’opinion publique guinéenne.
La décision de renvoi a été actée depuis le cabinet du président de la Chambre des appels à Conakry. Elle vise à permettre un réaménagement du calendrier judiciaire. Les parties concernées sont formellement au courant de la nouvelle date. Ces dossiers portent sur des accusations lourdes liées à la gestion publique et privée. Ils s’inscrivent dans la stratégie de lutte contre les infractions économiques en Guinée.
Les dossiers Kassory Fofana et Mohamed Diané ajournés
Parmi les affaires renvoyées figure le dossier opposant le ministère public et l’État guinéen à Ibrahima Kassory Fofana. Ceci dans le cadre du mandat de dépôt du 31 mai 2022. L’accusation porte sur détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Les poursuites s’appuient sur plusieurs articles du Code pénal et de la loi relative à la lutte contre le blanchiment.
Le second dossier concerne Mohamed Diané, ancien ministre également poursuivi pour des infractions économiques similaires. Les qualifications retenues portent sur des faits graves touchant à la gestion des ressources publiques. Là encore, la Chambre des appels a décidé de renvoyer l’examen de l’affaire. Les deux dossiers restent emblématiques de la lutte engagée contre la corruption au sommet de l’État. Leur audience se tiendra désormais le 15 janvier.
Deux affaires impliquant des acteurs du secteur privé
Outre les dossiers politiques, on note aussi le report de deux procédures concernant le secteur privé. La première oppose le ministère public, associé à la société ELECTROMATIC Guinée SARL, à Ali Jichi. Ce dernier, bien que poursuivi reste en état de liberté. L’accusation porte sur abus de confiance, abus de biens sociaux et complicité. Les infractions reprochées sont prévues par plusieurs dispositions du Code pénal et du droit des sociétés commerciales.
La seconde affaire met en cause Amadou Tafsir Sow, poursuivi par le ministère public et un plaignant individuel. L’accusation concerne vol, abus de confiance et blanchiment de capitaux. Les faits reprochés relèvent également de textes pénaux stricts en vigueur en Guinée. Comme les autres dossiers, cette affaire a été renvoyée sans débat au fond. Les parties vont se présenter à la prochaine audience.
Des dossiers emblématiques pour la gouvernance financière
Ces quatre reports interviennent dans un contexte judiciaire sensible pour la Guinée. La CRIEF se charge de dossiers complexes liés à la transparence financière et à la responsabilité des dirigeants. Les affaires renvoyées concernent aussi bien la gestion des fonds publics que les pratiques dans le secteur privé. Elles sont suivies avec attention par les acteurs politiques et la société civile. Leur traitement apparait comme un test pour l’indépendance de la justice.
En fixant la nouvelle audience au 15 janvier 2026, la Chambre des appels entend poursuivre l’examen de ces dossiers dans un cadre procédural maîtrisé. Le président Daye Mara a rappelé l’importance du respect du calendrier judiciaire. Les prévenus et les parties civiles devront comparaître à cette date. La CRIEF poursuit ainsi son rôle central dans la lutte contre les infractions économiques et financières en Guinée.
Facinet Soumah

